Qu’est ce que l’écologie sociale

Parmi les divers penseurs qui ont contribué au développement du mouvement écologiste, l’Etats-unien Murray Bookchin fait partie de ceux qui sont allés les plus loin dans le développement d’un projet de société écologique, politique, social et philosophique cohérent, auquel il a donné le nom d’écologie sociale.

L’écologie sociale est avant tout un projet de refonte de notre société. Elle revoit les fondements mêmes de nos institutions afin de les rendre plus écologiques, démocratiques, égalitaires et éthiques. Elle aspire à présenter une société avant tout libérée des dominations, guidée par la raison et basée sur des valeurs réconciliant la société avec la nature de même que l’être humain avec lui-même et sa nature propre. Une société qui dépasserait ce qui est pour tendre vers ce qui devrait être.

Les théories partent du lien fondamental entre problèmes écologiques et problèmes sociaux. La domination de la nature, responsable des problèmes actuels, découle selon l’écologie sociale de la domination de l’humain sur l’humain et ce n’est qu’en résolvant les deux conjointement que l’on parviendra à les résoudre. Cette théorie se veut humaniste et écologiste, c’est à dire qu’elle croît dans les capacités de raison de l’espèce humaine, qui doivent être retrouvées et développées, sur l’implication de ses choix sur la biosphère et donc son rôle à jouer dans la crise écologique. L’écologie sociale fait le projet d’amener chacun à retrouver sa capacité à agir, à diriger la société dans laquelle il vit, et non plus la subir passivement. Les hommes et les femmes, considérés comme capables et responsables, doivent reprendre en main la gestion de leur environnement local, de ce qui les concerne.

Au final, l’écologie sociale cherche l’établissement d’une société écologique, libre (c’est-à-dire ayant aboli les principes de hiérarchies et de dominations), rationnelle et organique (où chaque part à une place et forme un tout cohérent), consciente d’elle-même et de son action. Elle promeut l’idée de l’apport de la diversité, de cette « complexité » positive, qui apporte un gain réel à l’ensemble face à l’uniformisation et la simplification de nos cultures. On retrouve chez elle des principes traditionnels tels que « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens », de « l’unité dans la diversité » ainsi que de « l’égalité des inégaux ».

Une société d’écologie sociale s’articule autour des points suivants :

la décentralisation
L’écologie sociale prône un retour au local, à l’environnement naturel et social présent autour de soi. Elle propose une décentralisation à différents niveaux : géographique (retour au local) et politique (prise de décisions à partir du bas) principalement. Le lieu de vie et l’ensemble politique le plus proche de nous, nommé ici la commune, devrait rassembler les besoins élémentaires nécessaires à la vie de tous les jours (approvisionnement alimentaire, énergie, infrastructures scolaires, postales, etc.) plutôt qu’être centralisés dans des lieux uniques et de grande importance. En revanche, les structures importantes (hôpitaux, universités, etc.) doivent être partagées pour un meilleur usage. Ce retour au local ne permet pas seulement de limiter les transports, il permet surtout une meilleure gestion (en raison de leur taille humaine) plus écologique (adaptée à l’environnement local et social du lieu). Avec l’avantage de disposer de personnes habitants et travaillant sur place. En revanche, il ne s’agit pas d’une recherche d’autonomie et les échanges (commerciaux, mais pas seulement) entre les communes doivent être maintenus et encouragés. Il y a derrière ce concept de décentralisation, de changer d’échelle, celui, primordial, de dissolution du pouvoir. En empêchant des structures économiques et politiques de se développer à grande échelle, elle assure un contrôle local sur celles-ci et empêche un groupe de dominer.

une démocratie directe et locale
Alors que la politique est devenue une profession, l’écologie sociale veut en refaire une préoccupation et gestion commune à tous. Elle promeut une société sans classe, mais de citoyens responsables de la gestion de leur commune. En lien avec la décentralisation, l’écologie sociale cherche l’établissement d’un système politique communautaire sous forme d’assemblées populaires (rattachés aux communes) fonctionnant selon un système de démocratie directe en face-à-face et liées entre elles en tant que confédération. Cette confédération communale, appelée « communalisme » ou « municipalisme libertaire », part ainsi du bas, avec différents échelons d’assemblées régionales. Aux assemblées régionales et plus larges sont envoyés des délégués des assemblées communales, révocables, avec un mandat impératif leur imposant de défendre la prise de position, à la majorité, de la commune sur les questions abordées.

une économie morale et municipalisée
Il faut un retour à une société humaine plutôt qu’à une société de marché. Aux velléités de croissance économiques, de la production pour la production et à la consommation détachée des besoins réels, l’écologie sociale prône une vision morale de l’économie, gérée par en assemblées populaires par les citoyens, avec une gestion des ressources à disposition pour apporter à chacun ce dont il a besoin pour une vie décente sans porter atteinte à la nature. Surtout, elle prône la suppression du luxe inutile, du marketing, de la bureaucratie, de tous les métiers dévoués uniquement à l’économie (gestion de fortune, traders, etc.). Epurer le monde économique du travail des dérives de la compétition et relier l’économie réelle aux besoins reels permettrait de libérer des ressources et de la force de travail pour diminuer les heures de travail de façon significative et apporter à chacun ce minimum vital nécessaire.

des éco-technologies libératrices
L’écologie sociale ne s’oppose pas au progrès technologique mais prône un développement moral de celui, soit une réappropriation par l’être humain du contrôle sur la technologie. Les techniques doivent sortir l’être humain de l’aliénation, servir à le libérer au lieu de le dominer et l’en rendre dépendant. Toute technologie doit être pensée en fonction de son impact sur la nature et la société en général. Surtout, les possibilités écologiques en matière de production (d’énergie notamment) doivent être développées, décentralisées pour permettre leur utilisation. La recherche doit aller dans ce sens, toujours en se posant la question éthique : Pourquoi le faire ? Quelles en sont les répercussions ?

une réhumanisation de l’être humain
L’être humain, dans l’optique de l’écologie sociale, doit retrouver une place dans la nature qui permette son développement et son bonheur au niveau psychologique, physique et social, sans porter atteinte à l’environnement. Le stress résultant de l’accélération de nos modes de vie doit être combattu, tout comme la soumission et la passivité résultant de la société de masse actuelle. A l’inverse, le temps libre, le développement personnel ainsi que l’implication dans son lieu de vie doit devenir une fin en soi.
une méthode pour le changement
Une des particularités de l’écologie sociale tient dans son projet de mise en place d’une telle société. Désirant changer en profondeur la société occidentale actuelle, en revoir les bases mêmes pour la construire sur des bases plus saines, elle s’affiche comme révolutionnaire. L’écologie sociale considère à cette fin que les institutions libératrices souhaitées doivent être mises en place avant que la chute du système ne soit provoquée, de façon à ce que la société qui en ressort ne soit pas livrée à elle-même, voire récupérée. Elle revoit donc le concept d’insurrection lié à la révolution pour celui d’une reconstruction de la société à l’intérieur de celle-ci, amenant des bases permettant de renverser, probablement symboliquement, le modèle de société dominant.

**Texte originalement publié sur le portail francophone de l’écologie sociale.**

http://www.ecologiesociale.ch/

Covid-19 et Autonomie Alimentaire

Avec ce qui se passe actuellement, une crise de santé qui interagie en parallèle à une crise économique, il est normal d’être inquiet pour le futur. Nombre d’entre nous se retrouve privée de revenue, d’autre font face à la maladie, certain y succomberons. Les évènements déboulent à un rythme effréné, l’impossible devient possible, c’est un nouveau monde qui se forme sous nos yeux, les choses ne seront plus comme avant.

Avec l’adversité, la peur et la tragédie viennent des possibilités d’orienter notre société vers un monde plus juste et plus en harmonie avec le monde naturel. C’est maintenant qu’il faut penser et se préparer à des actions collectives constructives, prendre des initiatives pour notre communauté et s’organiser en tant que citoyens et personne partageant un lieu de vie. D’ailleurs nombre sont ceux et celles qui se sont mobilisé pour aider les plus vulnérables en tant de crise, des groupes d’aide mutuelle sont apparue un peu partout pour répondre aux besoins des gens laissés pour compte. Cet esprit d’entraide doit être le moteur d’action pour les temps à venir, car les choses ne sont pas sur le point d’aller mieux, l’échec de notre économie et le laissez faire des gouvernements signal la fin d’une ère. Il en revient à nous citoyen de développer notre autonomie face à ces institutions de domination, il est plus nécessaire maintenant que jamais de créer un pouvoir double.

Une tâche qui me semble particulièrement cruciale est celle de développer l’autonomie alimentaire à grande échelles. Serai-ce possible de s’organiser pour reprendre des terrains vagues et les transformer en jardins de permaculture ? Pourrions-nous mettre nos ressource en commun et s’entraider à lancer des potagers sur tous les balcons et toits de Montréal ? Pourrions-nous fermez plus de route et laisser plus d’espace a la vie communautaire ? Serait-ce possible de se mettre en réseau avec les agriculteur-eusse des régions et développer une nouvelle façon de voir notre système alimentaire, abandonnée les pratiques néfastes ordonné par la logique marchande ? Serait-ce possible de nourrir nos cartiers sans avoir besoin de marchés internationales et de la destruction qu’ils causent ? Serait-ce possible de reprendre le contrôle de nos villes, de démocratiser radicalement la sphère politique, de reprendre le pouvoir en tant que citoyen ?

Je suis éternellement optimiste, je crois possible ces choses, je les crois aussi nécessaire et hautement désirable. Je sais bien aussi que la vielle société s’entêtera pour rester, qu’elle s’accrochera jusqu’à la fin à nos corps exploité et que nous devrons lutter sur plusieurs autres champs de bataille pour avoir raison d’elle, mais la lutte en vaut la peine, nous avons l’opportunité historique de transformer nos sociétés et les rapprocher de nos idéaux d’écologie, de liberté, d’égalité et d’entraide et de faire tomber le monde de la domination et de l’exploitation.

À ce stade, je crois qu’il faut s’organiser avec nos voisins et les gens de notre cartier immédiat, se regrouper (en ligne, isolation et quarantaine y oblige), partager des idées initiatives, parler du futur, et décider des actions qui peuvent être prise dans l’objectif commun de développer et de répandre l’autonomie citoyenne par l’auto suffisance alimentaire.

‘’si nous ne faisons pas l’impossible, nous ferons face à l’impensable’’

-Charles Green, 24 mars 2020.

L’ÉCOLOGIE DU CHANGEMENT : brève pour une écologie sociale

‘’….la notion même de la domination de la nature par les humains trouve racine dans le phénomène de la domination des humains par les humains. « 

– Murray Bookchin, ‘’The ecology of freedom’’

La crise environnementale prend de l’ampleur et pourtant il semble que les gouvernements sont incapables d’agir conséquemment à la gravité de cette vérité. On pourrait être confus et se demander, mais pourquoi ces gens au pouvoir ne ressentent pas l’urgence du moment? La violence de la crise? Mais nous savons instinctivement que la politique nationale et provinciale est le territoire de l’argent, du capital, et c’est sa logique qui guide l’orientation de nos actions politiques et l’organisation de la société. Cette logique, c’est celle de l’impératif du profit, de la surproduction, de l’exploitation et de la croissance infinie. Il devient donc évident que c’est la symbiose entre capitalisme et gouvernement, qui permet la perpétuation du cycle destructeur qui nous à mener à cette crise climatique qui menace la civilisation humaine elle-même.

De ces observations, nous pouvons déduire un champ d’action. Si nous voulons faire face aux changements climatiques, nous devons reconstruire les fondements de l’espace politique en créant nos propres assemblés et fédération municipaliste pour ensuite reprendre le contrôle de notre économie, et l’orienter vers l’objectif de bâtir une société écologique et rationnelle.

Une idée qui pourrait guider nos actions et notre éthique serait de reconnaître que nos sociétés font partie du monde naturel et sont le fruit de l’évolution naturel. En observant le monde naturel, sa complexité, sa mutualité et son interdépendance, nous pouvons en tirer d’important leçons et appliquer ses principes à la construction d’une nouvelle société sans hiérarchie sociale ni domination.

En Mettant fin au phénomène de la domination des humains par les humains, en organisant nos sociétés de façon non-hiérarchique, et en nous inspirant du monde naturel, nous pourrions véritablement reconstruire une société symbiotique, féconde, solidaire, égalitaire et pleine de liberté pour tous et du même coup nous permettre d’être plus résilient face à la menace du changement climatique.

Le mouvement ‘’environnementaliste » depuis trop longtemps implore le pouvoir d’agir face à la crise et renonce donc son autonomie à ceux qui nous ont mené à cette crise. Il tombe dans le piège du ‘’développement durable’’ et de ‘’L’économie verte’’, un mirage construit par des corporations. Il est grand temps que ce mouvement devienne véritablement écologiste, et reconnaisse la nécessité de la décentralisation politique, de la décroissance économique et de la révolution sociale.

‘’Si nous ne faisons pas l’impossible, nous serons confrontés à l’impensable’’

-Charles Green, 20 février 2020.

Lancement du volet audio!

Aujourd’hui débute  une podcast qui aura pour thème l’écologie révolutionnaire. L’émission explorera différente perspectives écologique et sociale dans le bût de partager des idées et de prendre par à la discussion sur la société post-capitaliste. Le premier épisode est un survol du municipalisme libertaire.

Voici le lien RSS pour le podcast à insérer dans votre application: https://feed.podbean.com/autonomiecommune/feed.xml

(Disponible sur Apple\itunes, et tout les applications podcast)

Le Municipalisme Libertaire

Le Municipalisme libertaire est un mouvement politique qui reconnaît la municipalité comme étant le terrain le plus fertile pour développer une démocratie directe et étendre l’autonomie des citoyen-nes. Pour mieux comprendre cette position nous devons d’abord clarifier le mot <<politique>>, et retrouver sont sens original.

Reconquérir la politique.

À l’origine le mot politique désignait le champ de compétence décisionnelle, c’est-à-dire les débats, les discussions et la prise de décision. Ce processus, décrit explicitement pour la première fois en Grèce antique, était exercé par le peuple dans un système qui peut être décrit comme étant une démocratie directe. Au contraire, dans notre société contemporaine, le champ politique est le travail de politiciens de profession qui se font élire sur une plateforme quelconque et doivent, en théorie, être des représentants du peuple. En pratique, nous pouvons l’observer, ce n’est qu’illusion. Une fois un gouvernent élue, il détient le pouvoir et peut renier ces engagements et faire sourdre oreille vis-à-vis l’opinion publique. Les citoyens, ceux-et-cèlent qui sont directement affecter par les décisions prises par un gouvernement, ce retrouve donc sans aucun pouvoir politique.

Dans le modèle de démocratie directe, le pouvoir s’exerce de façon différente. Les décisions sont prises par les citoyen-nes lors d’assemblé populaire. Ces assemblées populaires peuvent être de différentes tailles, par exemple dans un petit village, une seule assemblé pourrait être suffisante, alors que dans une métropole les assemblées doivent être multiples et peuvent être formées à partir du cartier ou par ‘’bloque ». Dans ces assemblés les gens discutent et débattent de problème ou de politique gestionnaire qui les concernent directement. Ils peuvent ensuite prendre des décisions collectives et reléguer la tâche de les exécuter aux personnes les plus aptes à le faire. Pour les Tâches à grande échelle un système de confédération est utilisé. La confédération est une assemblée de regroupement de grandes échelles où des représentant des assemblés populaires transmettre la volonté de leurs assemblés dans le but d’arriver à une décision concernant des problèmes ou projets de société large.

Ce système a l’avantage de redonner le contrôle aux citoyen-nes car en démocratie directe le pouvoir s’exerce à la base au contraire de la démocratie représentative. Le problème de la centralisation du pouvoir tel qu’on la connaît, c’est que les politiciens professionnels sont déconnectés de la réalité matérielle de la base et prennent donc des décisions qui vont à l’encontre des désirs et besoins des gens qu’ils sont supposés représenter. Un autre problème est celui de la corruption, phénomène rependu ou les politiciens agissent dans leurs intérêts personnels et vont à l’encontre du bien commun pour faire des gains ou favoriser leurs propre ‘’cercle » de relation.

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ALORS COMMENT ON FAIT POUR REPRENDRE LE POUVOIR?

Le municipalisme libertaire s’établit en plusieurs étapes. Au début un petit groupe municipaliste est créé localement, puis une assemblée est fondée par les citoyens de la communauté, du quartier, ou d’un territoire quelconque. Cette assemblée dénouée de pouvoir crée un système politique directement démocratique en fessant miroir au gouvernement municipale élue. Cette assemblée peut faire passer des résolutions symboliques dans le but d’éduquer et d’exercer la population au fonctionnement d’une assemblée libertaire fonctionnant sous la démocratie directe.

Éventuellement le pouvoir doit être reprit des mairies et les assemblées libertaires doivent être officialisées comme légitimes. Pour ce faire un parti politique municipaliste est fonder avec l’objectif d’éduquer la population au municipalisme libertaire, de créer un mouvement populaire et de reprendre la mairie pour ensuite transférer le pouvoir aux assemblées libertaires. L’exécutif d’un tel parti doit être élue par les citoyen-nes et n’est que le porte-voix de la majorité de l’assemblée. Une fois le conseil municipale reprit par les citoyen-nes, une lutte débute contre les différents paliers de gouvernement supérieure (fédérale, provinciale) dans le but de rapatrier les pouvoirs vers les assemblées et les fédérations d’assemblés. L’objectif est l’autonomie totale et l’implantation d’une confédération d’assemblés directement démocratique.

MUNICIPALISER L’ÉCONOMIE

Une fois que le contrôle de la sphère politique sera reprit par les assemblées de démocratie directe, l’étape suivante peut s’enclencher, soit la municipalisation de l’économie. Ce que nous entendons par ce terme c’est la reprise de la propriété privée pour ensuite la retourner en propriété publique auto-gérée par les assemblées et donc les citoyen-nes. L’objectif étant de s’émanciper du système capitaliste et de sa logique de destruction, éliminant ainsi les inégalités économiques offrant ainsi la chance à tous et toutes de combler leurs besoins essentiels et de réaliser leur plein potentiel.

LE POUVOIR PARALLÈLE

Le municipalisme libertaire est un mouvement en opposition à l’état-nation et de ce fait , un mouvement municipaliste devra un jour faire face à l’autorité centrale du gouvernement pour lui reprendre le pouvoir. Pour ce faire une garde civique doit être fondée par les citoyen-nes du mouvement. Une garde civique pourra défendre l’autonomie des assemblés et de ces citoyen-nes en s’armant face à la violence de l’état-nation qui détient officiellement le <<monopole de la violence>> et qui s’en sert pour la coercition des citoyen-nes à son modèle économique et politique. La garde civique devra être elle même un organe de démocratie et doit se gérer par un modèle électif et directement démocratique qui doit agir en symbiose avec les assemblés. Sans l’aide d’un mouvement d’autodéfense commun, tout mouvement politique posant un réel menace à l’ordre établi devra faire face à une forte répression étatique et risque de voir son élan démocratique brisée par l’état-nation capitaliste. Établir un pouvoir parallèle à l’aide d’une garde civique devient donc un élément critique de toute révolution libertaire municipaliste.

INTERDÉPENDANCE

Le municipalisme libertaire ne peut être portée que par une communauté d’individus décidé à faire un changement profond dans la société dans laquelle ils et elles vivent. Tel que démontré par la science et appuyé par la théorie de l’écologie sociale, un des facteurs qui fait la force d’une communauté ou d’un système d’individus est son niveau d’interdépendance, c’est-à-dire l’ensemble des relations qui lient entre eux chaque individu à une communauté ou système. Plus la communauté est complexe, diversifié et mutuelle, plus elle est propice à résister aux intempéries. Il faut donc combattre l’isolation sociale et politique et valoriser l’entraide et toutes les relations informelles qui forment la vie de tous les jours pour nourrir l’espoir de créer une communauté qui pourrait un jour atteindre l’idéale d’autonomie, de liberté et d’égalité. C’est là un peu la base du municipalisme libertaire. L’interdépendance s’exprime aussi dans l’idée de la confédération.

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LA COMMUNE DES COMMUNES, LA CONFÉDÉRATION.

Une confédération est un réseau intégrant plusieurs assemblées populaires autonome. Elle est utile pour la réalisation de projets de grande envergure touchant un territoire large et plusieurs communautés. Elle fonctionne par démocratie directe, chaque assemblé membre de la fédération envoie des représentants avec un mandat clair à porter à la confédération. Ainsi chaque assemblée locale reste autonome tout en s’harmonisant avec les communautés voisines. Cela met en valeur le partage des ressources, une gestion du territoire harmonieuse et la mise en commun des moyens de production tout en valorisant aussi les relations d’entraide entre communautés voisines. Nous appelons cette forme d’organisation politique le <<Confédéralisme Démocratique>>.

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UNE SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE

Pour le municipalisme libertaire, il est important de reconnaître que le concept d’interdépendance s’applique non pas seulement entre des individus et des communautés, mais aussi à la relation des êtres humains au reste du monde naturelle. Une relation d’entraide et non d’exploitation doit être établie avec le reste du monde naturel pour renverser la tendance à l’extractivisme perpétuer par l’économie capitaliste qui recherche la croissance perpétuelle . Cela implique notamment de repenser notre relation à l’agriculture, à notre consommation et production d’énergie et de bien , et à la gestion de l’espace de nos lieux de vie. Il faut arrêter de percevoir l’humain comme étant <<hors>> du monde naturel, nous en sommes une partie intégrante et sa santé affecte directement la nôtre.

Toutes sortes d’alternatives se proposent à nous, ensemble et avec le pouvoir politique que nous prodigues la démocratie directe, nous pouvons repenser et changer notre monde, s’opposer au capitalisme globale et s’adapter à un climat qui se dégrade de plus en plus et qui menace la survie même de la biosphère.

-Autonomie Commune, 2019

 

Pour continuer la lecture:

Ouvrage de référence:

-Le municipalisme Libertaire, Janet Biehl, édition écosociété, 1998, 2003.

le-municipalisme-libertaire, Janet Biehl (version pdf)

Voir aussi :

Murray_Bookchin_Compilation-de-textes-fr (pdf)

Ballast – le municipalisme libertaire Quest-que C’est donc?

Le lendemain (retour sur la marche pour le climat)

27 septembre 2019, 500 000 âmes prennent d’assaut les rues de Montréal pour le climat. Mais à quoi bon? Qu’est-ce qui a été accompli? Des politiciens se sont payés un p’tit bain de foule pour ce faire un peu de capitale politique, des entreprises ré-double d’effort dans leur « green-washing » , en miroitant une image de vaillant écologiste militant pour la planète et son écologie tout en exploitant ces ressources pour ce faire du gros cash sur notre dos le reste de l’année. Mais quelle hypocrisie.

À quoi bon 500 000 personnes dans la rue si ces mêmes gens retournent chez eux pour continuer leurs petits trains-trains habituelles avec le sentiment du « devoir » accomplie, le sentiment d’avoir fait quelque chose pour la planète. À quoi bon si ce geste n’est qu’une énième demande à nos dirigeant de « s’il vous plaît faite quelque chose! ». Petite nouvelle, il s’en câlisse les patrons, les ultra-riches et les politiciens de notre mouvement écologiste. Bien sûr ils utilisent une rhétorique pour nous faire croire le contraire, mais agissent à l’opposé. Des 3ieme liens, des pipelines, des puits pétroliers, awaye c’est encore le temps de faire d’la business en violant la terre et en bafouant les droits territoriaux des indigènes. Il faut arrêter de croire que les politiciens sont à notre écoute, qu’ils ont notre intérêt a cœur, car c’est faux. Le seul intérêt de la classe politique est de maintenir le système économique et de protéger le flow et l’accumulation de capitale. C’est ça le capitalisme. Un système totalisant, qui a une emprise sur chaque facette de nos vies et qui cherche à dominer et exploiter chaque recoin de notre monde à l’infinie.

Nous devons repenser nos mode d’action. La démocratie représentative est une ostie de JOKE. Nous devons reconstruire le champ politique pour que nous puissions collectivement prendre nos propres décisions et re-construire une société sur des lignes écologiques. Car oui , c’est la société elle même qui doit changer pour faire face à la crise climatique. Cela implique de repenser nos relations avec les moyens de production et de consommation, de repenser comment notre économie est organisée. Pour ce faire nous devons donc nous armée d’une nouvelle forme de politique qui serait DIRECTEMENT démocratique qui nous permettrait de faire un contre-poid au système capitaliste. Nous devons arrêter de nous plier au marché globale et aux pressions des ultra-riches. Nous n’avons pas besoin d’eux, c’est eux qui ont besoin de nous. Ce sont nos villes, nos vies, nos bien communs, nos futures qui sont en jeu, on ne peut plus seulement parler, nous devons agir.

À quoi bon marché si on se rassoit tout de suite après? Quel future pouvons-nous imaginer si nous restons inactif, passif, seulement capable de hurler vers le haut « FAITE DE QUOI CALISS », nos cris ignorés.

À quoi bon nous dire écologiste, si nous ne reconnaissons même pas la cause de la crise climatique, le capitalisme globalisée?

À quoi bon changer nos habitudes de vie si le système ne suit pas la cadence?

À quoi bon une grève mondiale si demain n’est qu’un autre lendemain.

-Autonomie Commune, 2019

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