Le Municipalisme Libertaire

Le Municipalisme libertaire est un mouvement politique qui reconnaît la municipalité comme étant le terrain le plus fertile pour développer une démocratie directe et étendre l’autonomie des citoyen-nes. Pour mieux comprendre cette position nous devons d’abord clarifier le mot <<politique>>, et retrouver sont sens original.

Reconquérir la politique.

À l’origine le mot politique désignait le champ de compétence décisionnelle, c’est-à-dire les débats, les discussions et la prise de décision. Ce processus, décrit explicitement pour la première fois en Grèce antique, était exercé par le peuple dans un système qui peut être décrit comme étant une démocratie directe. Au contraire, dans notre société contemporaine, le champ politique est le travail de politiciens de profession qui se font élire sur une plateforme quelconque et doivent, en théorie, être des représentants du peuple. En pratique, nous pouvons l’observer, ce n’est qu’illusion. Une fois un gouvernent élue, il détient le pouvoir et peut renier ces engagements et faire sourdre oreille vis-à-vis l’opinion publique. Les citoyens, ceux-et-cèlent qui sont directement affecter par les décisions prises par un gouvernement, ce retrouve donc sans aucun pouvoir politique.

Dans le modèle de démocratie directe, le pouvoir s’exerce de façon différente. Les décisions sont prises par les citoyen-nes lors d’assemblé populaire. Ces assemblées populaires peuvent être de différentes tailles, par exemple dans un petit village, une seule assemblé pourrait être suffisante, alors que dans une métropole les assemblées doivent être multiples et peuvent être formées à partir du cartier ou par ‘’bloque ». Dans ces assemblés les gens discutent et débattent de problème ou de politique gestionnaire qui les concernent directement. Ils peuvent ensuite prendre des décisions collectives et reléguer la tâche de les exécuter aux personnes les plus aptes à le faire. Pour les Tâches à grande échelle un système de confédération est utilisé. La confédération est une assemblée de regroupement de grandes échelles où des représentant des assemblés populaires transmettre la volonté de leurs assemblés dans le but d’arriver à une décision concernant des problèmes ou projets de société large.

Ce système a l’avantage de redonner le contrôle aux citoyen-nes car en démocratie directe le pouvoir s’exerce à la base au contraire de la démocratie représentative. Le problème de la centralisation du pouvoir tel qu’on la connaît, c’est que les politiciens professionnels sont déconnectés de la réalité matérielle de la base et prennent donc des décisions qui vont à l’encontre des désirs et besoins des gens qu’ils sont supposés représenter. Un autre problème est celui de la corruption, phénomène rependu ou les politiciens agissent dans leurs intérêts personnels et vont à l’encontre du bien commun pour faire des gains ou favoriser leurs propre ‘’cercle » de relation.

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ALORS COMMENT ON FAIT POUR REPRENDRE LE POUVOIR?

Le municipalisme libertaire s’établit en plusieurs étapes. Au début un petit groupe municipaliste est créé localement, puis une assemblée est fondée par les citoyens de la communauté, du quartier, ou d’un territoire quelconque. Cette assemblée dénouée de pouvoir crée un système politique directement démocratique en fessant miroir au gouvernement municipale élue. Cette assemblée peut faire passer des résolutions symboliques dans le but d’éduquer et d’exercer la population au fonctionnement d’une assemblée libertaire fonctionnant sous la démocratie directe.

Éventuellement le pouvoir doit être reprit des mairies et les assemblées libertaires doivent être officialisées comme légitimes. Pour ce faire un parti politique municipaliste est fonder avec l’objectif d’éduquer la population au municipalisme libertaire, de créer un mouvement populaire et de reprendre la mairie pour ensuite transférer le pouvoir aux assemblées libertaires. L’exécutif d’un tel parti doit être élue par les citoyen-nes et n’est que le porte-voix de la majorité de l’assemblée. Une fois le conseil municipale reprit par les citoyen-nes, une lutte débute contre les différents paliers de gouvernement supérieure (fédérale, provinciale) dans le but de rapatrier les pouvoirs vers les assemblées et les fédérations d’assemblés. L’objectif est l’autonomie totale et l’implantation d’une confédération d’assemblés directement démocratique.

MUNICIPALISER L’ÉCONOMIE

Une fois que le contrôle de la sphère politique sera reprit par les assemblées de démocratie directe, l’étape suivante peut s’enclencher, soit la municipalisation de l’économie. Ce que nous entendons par ce terme c’est la reprise de la propriété privée pour ensuite la retourner en propriété publique auto-gérée par les assemblées et donc les citoyen-nes. L’objectif étant de s’émanciper du système capitaliste et de sa logique de destruction, éliminant ainsi les inégalités économiques offrant ainsi la chance à tous et toutes de combler leurs besoins essentiels et de réaliser leur plein potentiel.

LE POUVOIR PARALLÈLE

Le municipalisme libertaire est un mouvement en opposition à l’état-nation et de ce fait , un mouvement municipaliste devra un jour faire face à l’autorité centrale du gouvernement pour lui reprendre le pouvoir. Pour ce faire une garde civique doit être fondée par les citoyen-nes du mouvement. Une garde civique pourra défendre l’autonomie des assemblés et de ces citoyen-nes en s’armant face à la violence de l’état-nation qui détient officiellement le <<monopole de la violence>> et qui s’en sert pour la coercition des citoyen-nes à son modèle économique et politique. La garde civique devra être elle même un organe de démocratie et doit se gérer par un modèle électif et directement démocratique qui doit agir en symbiose avec les assemblés. Sans l’aide d’un mouvement d’autodéfense commun, tout mouvement politique posant un réel menace à l’ordre établi devra faire face à une forte répression étatique et risque de voir son élan démocratique brisée par l’état-nation capitaliste. Établir un pouvoir parallèle à l’aide d’une garde civique devient donc un élément critique de toute révolution libertaire municipaliste.

INTERDÉPENDANCE

Le municipalisme libertaire ne peut être portée que par une communauté d’individus décidé à faire un changement profond dans la société dans laquelle ils et elles vivent. Tel que démontré par la science et appuyé par la théorie de l’écologie sociale, un des facteurs qui fait la force d’une communauté ou d’un système d’individus est son niveau d’interdépendance, c’est-à-dire l’ensemble des relations qui lient entre eux chaque individu à une communauté ou système. Plus la communauté est complexe, diversifié et mutuelle, plus elle est propice à résister aux intempéries. Il faut donc combattre l’isolation sociale et politique et valoriser l’entraide et toutes les relations informelles qui forment la vie de tous les jours pour nourrir l’espoir de créer une communauté qui pourrait un jour atteindre l’idéale d’autonomie, de liberté et d’égalité. C’est là un peu la base du municipalisme libertaire. L’interdépendance s’exprime aussi dans l’idée de la confédération.

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LA COMMUNE DES COMMUNES, LA CONFÉDÉRATION.

Une confédération est un réseau intégrant plusieurs assemblées populaires autonome. Elle est utile pour la réalisation de projets de grande envergure touchant un territoire large et plusieurs communautés. Elle fonctionne par démocratie directe, chaque assemblé membre de la fédération envoie des représentants avec un mandat clair à porter à la confédération. Ainsi chaque assemblée locale reste autonome tout en s’harmonisant avec les communautés voisines. Cela met en valeur le partage des ressources, une gestion du territoire harmonieuse et la mise en commun des moyens de production tout en valorisant aussi les relations d’entraide entre communautés voisines. Nous appelons cette forme d’organisation politique le <<Confédéralisme Démocratique>>.

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UNE SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE

Pour le municipalisme libertaire, il est important de reconnaître que le concept d’interdépendance s’applique non pas seulement entre des individus et des communautés, mais aussi à la relation des êtres humains au reste du monde naturelle. Une relation d’entraide et non d’exploitation doit être établie avec le reste du monde naturel pour renverser la tendance à l’extractivisme perpétuer par l’économie capitaliste qui recherche la croissance perpétuelle . Cela implique notamment de repenser notre relation à l’agriculture, à notre consommation et production d’énergie et de bien , et à la gestion de l’espace de nos lieux de vie. Il faut arrêter de percevoir l’humain comme étant <<hors>> du monde naturel, nous en sommes une partie intégrante et sa santé affecte directement la nôtre.

Toutes sortes d’alternatives se proposent à nous, ensemble et avec le pouvoir politique que nous prodigues la démocratie directe, nous pouvons repenser et changer notre monde, s’opposer au capitalisme globale et s’adapter à un climat qui se dégrade de plus en plus et qui menace la survie même de la biosphère.

-Autonomie Commune, 2019

 

Pour continuer la lecture:

Ouvrage de référence:

-Le municipalisme Libertaire, Janet Biehl, édition écosociété, 1998, 2003.

le-municipalisme-libertaire, Janet Biehl (version pdf)

Voir aussi :

Murray_Bookchin_Compilation-de-textes-fr (pdf)

Ballast – le municipalisme libertaire Quest-que C’est donc?

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