(Théorie) Le fascisme: Qu’est-ce que ça mange en hiver?

LE FASCISME: QU’EST-CE QUE ÇA MANGE EN HIVER

Tout ce qu’il faut savoir pour résister à la montée de l’extrême-droite.

Ce texte est une reproduction partielle du zine produit en 2016 par le collectif ‘’Resist Trump et l’extrême droite’’, un survol des mythes entourant le fasciste contemporain.

On nous enseigne souvent le fascisme comme une menace monstrueuse, quelque chose qui survient de nulle part et qu’il serait impossible de comprendre ou d’expliquer. Mais il y a de vraies raisons matérielles qui produisent le fascisme, et qui expliquent pourquoi il prend tant de traction dans les périodes de crise comme celle que l’on vit en ce moment.

Le monde dans lequel nous vivons est extrêmement inéquitable, surtout si on compare la qualité de vie de différents pays. Cette inégalité est essentielle à la croissance capitaliste, puisqu’elle permet aux entreprises et aux investisseurs d’avoir accès à de la main d’œuvre et des ressources bon marché dans les endroits où les travailleur-eusse-s sont désespéré-e-s, tout en fournissant également un marché pour les produits de luxe comme les ipads, qui peuvent alors être vendus aux pays riches pour un profit énorme. Ce processus, par lequel les corporations internationales s’approprient la richesse produite par les habitant-es- des régions les plus pauvres est l’une des raisons pour laquelle la qualité de vie ici au Canada est tellement plus élevée que dans beaucoup d’autres pays où la majorité est forcée de vivre dans la pauvreté.

Ça ne veut pas dire pour autant que tous celleux qui vivent dans un pays ‘’développé’’ sont riches, bien entendu. Par exemple, au Canada, au moins 114 communautés autochtones n’avaient pas accès à l’eau courante en 2016, conséquence de décennies de marginalisation par le gouvernement. Beaucoup de Canadien-ne-s ont aussi de la difficulté à trouver du travail ou à payer leurs factures. Ceci dit, une des choses qui différencie un pays plus riche est l’existence d’une grande classe moyenne composée de professionnel-le-s, de petits propriétaires d’entreprise, de gérant-e-s, Etc. Ces individus doivent aussi travailler pour gagner leur vie, mais ils profitent d’une position bien plus confortable que la majorité des travailleuse et travailleurs, surtout à l’échelle globale.

Pendant une période de crise, alors que la richesse se concentre de plus en plus dans les mains des super-riches, la classe moyenne risque de perdre sa position et de tomber au bas de l’échelle, avec le reste des travailleuses et travailleurs. Plutôt que de se joindre aux autres pour reprendre le contrôle usurpé par les corporations et les super-riches, qui possèdent la majorité des ressources mondiales et détiennent tout le pouvoir, certains membres de la classe moyenne sont convaincus de blâmer tous leurs problèmes sur les immigrant-e-s, les musulman-e-s, les juif-ive-s, ou d’autre cible faciles, en un effort désespéré de s’accrocher au quelques privilèges qu’il leur reste encore. C’est cela qu’on appelle fascisme, et ça ne cause pas que du tort au personnes qui sont les cibles directes de la violence fasciste, mais ça distrait aussi tout le monde du vrai problème : le système qui produit les inégalités et cette souffrance en premier lieu, un système qui met la priorité sur l’appât du gain privé avant le bien public. C’est ce modèle de création de boucs émissaires qui connecte le fascisme que l’on voit émerger aujourd’hui avec celui d’Allemagne nazie, de l’Italie , et d’ailleurs.

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LE FASCISME RESPECTABLE

‘’Fascisme’’ est un vilain mot. La plupart des individus qui possèdent des opinions fascistes ne vont pas l’admettre en public. Au fil des années les fascistes ont fait de grand efforts pour donner une nouvelle image a leur idéologie et se dissocier des stéréotypes ou des exemples historiques du fascisme. Quand ces individus sont comparés avec des groupes fascistes ou traités de nazis, ils se défendes en répondant simplement’’ nous ne somme pas comme eux’’ sans pouvoir donne une raison solide de ne pas les considérer de la même manière.

Les personnes qui propagent des idées racistes vont souvent prétendre ‘’ne pas voir la race’’ ou dire qu’elles n’ont de haines envers aucune ethnicité, tout en accusant ceux qui critiquent leur racisme d’être les ‘’vrai racistes’’ ou d’être la cause de divisions. Les fascistes font des efforts pour re-formuler leurs croyances afin de les faire apparaître comme de légitimes préoccupations économique ou politiques, changeant constamment leur positions et leur langage en fonction de leurs besoins ou pour attirer des personnes plus jeunes ou modérées.

Il y a 3 types de fascistes respectables qui deviennent de plus en plus proéminents:

Le ‘’alt-right’’

‘’Alt-Right’’ est devenu une expression à la mode après les élection américaine de 2016, mais peu de gens savent exactement à quoi se réfère ce terme. Le Alt-right n’est pas un groupe ou une idéologie, mais plutôt un terme utilisé pour décrire les personne qui font la promotion de l’islamophobie, l’antisémitisme, l’antiféminisme, l’homophobie, la transphobie, ou de toute autre croyance haineuse sous un couvert d’humour et d’ironie, ce qui leur permet de rejoindre une audience plus jeune et plus à l’aise sur l’internet. Le Alt-right prend ses racines dans la culture en ligne et est principalement composé de jeunes hommes blancs qui utilisent des sites comme Twitter, 4chan, ou d’autres réseaux sociaux, pour propager leur visions d’extrême-droite. Ces individus rejettent souvent les accusations de fascisme en répondant qu’ils ne font que plaisanter, et que ceux et celles qui les critiquent imposent la ‘’rectitude politique’’. Un exemple proéminent est Milo Yiannopoulos, une personnalité des médias sociaux qui est monté en proéminence sur Twitter.

‘’Le fasciste complet-cravate’’ ou ‘’ l’intellectuel fasciste’’

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Le fasciste complet-cravate est un fasciste qui présente son adhésion à la suprématie blanche comme étant intellectuelle ou scientifique d’une manière ou d’une autre. Ces fascistes veulent se distancer des ‘’skinheads’’ ou des stéréotypes de classe ouvrière ignorante associée à la suprématie blanche. Ils avancent leur racisme en utilisant des arguments sans fondements basés sur les différence de QI, ou en se présentant comme des experts sur l’Islam et sur les cultures à majori

té musulmanes, associant toutes sortes de vices comme étant inhérents à celle-ci. Un exemple est Richard Spencer, le président du ‘’national policy institute’’, aussi connu pour s’être pris un coup de poing dans le visage le 20 janvier 2017.

Les politiciens d’extrême-droite

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Bien entendu, la forme la plus connue de fascisme respectable est le politicien d’extrême-droite. Ces politiciens mènent des partis populistes d’extrême-droite avec des plateformes centrées sur la fermeture des frontières et le retour d’emplois déplacés, se présentant comme des représentants du peuple. Ces politiciens attaquent régulièrement l’Islam et cherchent à réprimer les musulman-e-s immigrant-e-s. Ils ne veulent pas être identifiés comme racistes et utilisent donc ce qui est appelé en anglais un ‘’dog-whistle’’ c’est-à-dire un mot qui communique un stéréotype racial aux initiés, sans pour autant être explicitement raciste. Un exemple serait l’usage de ‘’racaille’’ pour se référer à des jeunes de l’immigration, ou ‘’pur-laine’’ pour se référée exclusivement aux personnes blanches. Des exemples de politicien d’extrême-droite incluent le président des États-unis Donald Trump, la candidate française Marine Le Pen , et l’ancien premier ministre Stephen Harper.

Déconstruire les Mythes proéminents.

Immigration

Nous sommes toutes et tous le produit d’une loterie globale qui décide au hasard dans quelle partie du monde on naît. Bébé, dans le ventre de sa mère, personne ne reçoit de formulaire demandant le pays dans lequel on désire avoir citoyenneté. C’est la chance qui fait les choses

Cependant, à cause de notre système de frontière stricte et injuste, en fonction de là où on naît, et d’où on possède la citoyenneté, on recevra d’avantages ou des désavantages drastiques. Ce système est maintenu en place par un nombre de mythes qui sont répétés par tous les grand politiciens et les médias, ainsi que par les membres de l’extrême-droite.

Un mythe courant, propagé par les politiciens comme Trump, Kellie Leitch, et Maxime Bernier, est qye notre sécurité nationale est menacée par les ‘’illégaux dangereux’’. Ceci a pour effet de déshumaniser les personne qui souvent fuient des violences atroces, et qui ne font que chercher un endroit pour pouvoir se construire un meilleur futur.

Ce mythe propage également une image irréaliste et biaisée de ceux qui commente des actes de violence. La grande majorité des fusillades à motivation politique commises au Canada ont été perpétuées par des citoyens blancs, masculins, et nés au Canada, incluant Marc Lépine qui a tué 14 femmes en 1989 à l’école Polytechnique, et qui Alexandre Bissonnette, qui a tué 6 hommes dans une mosquée à Québec en 2017. Malheureusement , nous n’avons pas de statistique sur le terrorisme d’extrême-droite au Canada: ce qui soulève la question de pourquoi nos gouvernements mettent tellement l’emphase sur les immigrant-e-s. Par contre, on sait qu’aux États-Unis, les extrémistes d’extrême-droite, qui incluent les suprémacistes blancs et les néo-nazis, entre autre groupes, sont responsables de 73% de toutes les attaques meurtrières depuis le 11 septembre 2001.

Les emplois et les salaires

La figure de ‘’l’immigrant voleur d’emploi’’ est souvent utilisée afin de transférer la responsabilité pour le chômage et les réductions de salaires en blâmant les travailleurs et travailleuses immigrants pauvres à la place des patrons qui créent cette situation.

La seul raison pour laquelle les salaires diminuent et les conditions de travail sont en déclin est parce que les employeurs prennent tout avantage du fait que les travailleur-euse-s immigré-e-s soient dénié-e-s le droit les plus fondamentaux tels que la négociation collective, les protections et la sécurité au travail, et le salaire minimum. La plupart de ces travailleur-euse-s sont également employé-e-s dans des domaines comme l’agriculture industrielle ou l’abattage, où ils et elles sont exposé-e-s à des conditions horribles et souvent dangereuses dans lesquelles le Canadien ou la Canadienne moyen ne voudrait pas travailler.

Lutter pour les droits de tous les travailleur-euse-s, immigrant-e-s ou nom, rend plus difficile aux patrons de nous exploiter, ce qui résulte en une amélioration à la fois dans les salaires et dans les conditions de travail, pour tous.

Dans une veine similaire, il est important de se tenir en solidarité avec les travailleur-euse-s à l’étranger, en particulier ceux et celles des pays où les salaires sont les plus bas. En les soutenant dans leurs luttes pour une meilleure qualité de vie, nous nous aidons aussi nous-mêmes, puisque ça diminue l’intérêt pour les patrons de déplacer les emplois à l’étranger. Une attaque contre un-e est une attaque contre tous.

La crise du logement blâmée sur les étrangers.

Le problème de la gentrification et de la spéculation immobilière n’a rien à voir avec l’origine ethnique du propriétaire, mais vient du fait qu’il existe des riches spéculateurs et des compagnies immobilière qui font augmenter artificiellement pour leurs profits le coût du logement, peu importe d’où ils viennent.

En Colombie-Britannique, particulièrement à Vancouver, il y a une croyance selon laquelle la crise du logement serait causée par l’arrivée d’investisseur-euse-s étranger-e-s, principalement de la Chine continentale, qui spéculent sur les propriétés immobilières et laissent les logements inoccupés. En réalité, les investissements étrangers dans l’immobilier sont tombés de 13.2% à 0.9% à Vancouver après que le gouvernement aie introduit une taxe de 15% pour les investisseurs qui ne sont pas des citoyen-ne-s Canadien-ne-s ou des résidente-e-s permanent-e-s. Peu importe d’où viennent les spéculateur-trice-s, les bulles immobilières qu’ils créent causent des problèmes pour tout le monde, à l’exception des riches investisseur-euse-s qui profitent de la misère des autres lorsque la bulle éclate inévitablement. La meilleure manière de combattre la crise du logement n’est pas de se retourner contre nos voisine-s, mais de combiner nos forces pour lutter pour de meilleurs droits du logement, des logements publics, et pour la propriété collective.

‘’menace pour les valeurs Québécoises\Canadiennes’’

Vous avez probablement remarqué la croissance de reportages, médias, et messages politiques basés sur la peur ou l’incitation à la peur, qui se réfèrent tous à un besoin urgent de ‘’protéger nos valeurs Québécoise’’, ou ‘’Canadienne’’. Mais contre quoi est-ce qu’on ce protège? Cette prise de position n’ignore-t-elle pas complètement les droits et les valeurs des peuple autochtones, qui sont rarement inclus dans ces messages? Et qui bénéficie de ce langage et de ces politiques protectionnistes et basées sur la peur?

Un bon exemple est la Charte des Valeurs (proposée par le gouvernement Québécois en 2014) qui, si elle avait été ratifiée, aurait rendu illégal pour les travailleur-euse-s employé-e-s par le gouvernement de porter des symboles religieux au travail. Cette charte constituait une forme de discrimination hypocrite, sexiste, et xénophobe contre certain groupes de personnes :

Hypocrite: alors que certains symboles religieux (tel que le foulard ou le kirpan) deviendraient illégaux, plusieurs symboles Chrétien seraient acceptés par le gouvernement , tels que le crucifix de Duplessis à l’Assemblée nationale et la croix sur le Mont Royal.

Sexiste: la Charte était basée sur de faux stéréotypes sur les femmes qui choisissent de porter le foulard, comme quoi elles seraient toutes opprimées par leur religion et devraient être sauvées par les occidentaux. (aujourdhui ce stéréotype est encore utilisé pour mobiliser les sentiments anti-musulmans).

Xénophobique: les adhérents de la Charte faisaient consciemment appel aux peurs sensationnalistes et fausses envers les autres cultures et traditions, dans un effort calculé pour gagner le vote des bigots. Heureusement, un grand nombre de citoyennes et citoyens concernés se sont ralliés contre la charte et elle n’est pas passée!

La Charia

La Charia est un code de vie adopté par la plupart des musulman-e-s comme faisant partie de leur religion, basé sur les enseignements du Coran.

Quand la ‘’loi Charia’’ est mentionné dans les nouvelles, c’est souvent comme si elle représentait une menace aux valeurs Québécoises de liberté et démocratie, et qu’elle représentait un outil utilisé par les extrémistes ‘’islamistes’’ pour opprimer les autre. Ce genre de langage fait propager la panique à travers la population générale. À cause des associations négatives autour du terme ‘’charia’’, l’invoquer fait taire les conversations, et amène beaucoup de personne à réagir sur la base de sentiment et croyances qu’elles possèdent sur la Charia, au lieu de se baser sur les faits et la pensée critique.

En réalité, il n’y a pas de seul et unique définition de la Charia – il existe un tout un spectre d’interprétation allant de la plus libérale à la plus conservatrice. La Charia demande que chaque croyant agisse envers autrui dans la paix et le respect, vers le but d’un monde meilleur pour toutes et tous. Mais comme toute vision du monde, elle peut être utilisée et abusée par des divers agendas. Lorsque la Charia est présentée comme dangereuse et oppressive, on ignore les interprétations pacifiques et progressive adoptées par la claire majorité des musulman-e-s, et on valide à leur place des vues extrémistes. Chacun-e des 1.6 milliards de musulman-e-s sur la planète sont mis sur le même bateau, groupés dans une seul catégorie qui n’existe pas vraiment.

Les théories du complot antisémitiques.

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Plusieurs des théories du complot propagées par l’extrême-droite sont, et ont toujours été, subtilement ou ouvertement antisémitique. Les thèmes au centre de ces théories incluent la fausse notion que les personnes juives ont le contrôle secret des gouvernements et de l’économie internationale, ou qu’elles travaillent en secret pour atteindre un ‘’agenda juif’’ internationale. Il y a de bonne raisons d’être critique de la manière dont les gouvernements et l’économie internationale fonctionne, mais les termes ‘’dog whistle’’ tels que ‘’globaliste’’ ou ‘’marxisme culturelle’’ sont souvent utilisés comme couverture pour l’antisémitisme, en particulier quand il se trouve que les seuls individus critiqués soient des personne juives. Ce type de croyance fait partie d’un modèle générale avec l’extrême-droite, où celle-ci blâme un groupe d’individus ou une ethnicité particulière au lieu de reconnaître les problèmes sociaux comme étant en réalité un produit de la manière même dont est organisée notre système politique et économique – peu importe l’origine des acteurs au sein de celle-ci.

Pourquoi tout ce débat sur la liberté d’expression?

Chaque fois que vous entendez quelqu’un utiliser la liberté d’expression comme un bouclier pour se permettre de dire des choses ouvertement racistes, sexistes, ou homphobes, vous devez vous demander : est-ce que c’est vraiment ça le but de la liberté d’expression?

La réponse simple est : NON! La liberté d’expression est beacoup plus importante que ça. Elle agit comme protection qui permet à tou-te-s de penser et de s’exprimer de manière dont le gouvernement n’est pas forcément d’accord. C’est une concession des puissants qui n’a été gagnée que par la lutte des personnes opprimées pour leur libération. Sans cette limite sur l’usage du pouvoir d’état, les gouvernements sont libres d’emprisonner, ou d’exiler les personnes qui ne sont pas d’accord avec eux.

Bien que1 pour la majeure partie nous soyons tous d’accord sur l’importance de la liberté d’Expression, les fascistes déforment les intentions derrière celle-ci et prétendent être brimés dans leur liberté d’expression juste parce que des citoyens s’opposent aux messages de haines qu’ils propagent. L’extrême-droite veut être capable de promouvoir sont idéologie sans conséquence ou désaccord, mais les critiques et les protestations à laquelle elle fait en réponse sont en soi une forme de libre expression!

Un autre piège populaire est de prétendre que les universités ou les plateformes médiatiques menacent la liberté d’expression lorsque les présentation des prêcheurs de l’extrême-droite sont annulées, ou qu’un podium ne leur est pas offert. Ceci ignore la différence entre le fait que le gouvernement n’ait pas le droit de criminaliser l’expression, et la situation où une institution dénie à quelqu’un une plateforme avec audience de milliers de personnes. Dans le premier cas il est question d’un droit, dans le deuxième d’un privilège. Personne n’a le droit inhérent à une plateforme pour exprimer des énoncés racistes, sexistes ou homophobes. En fait c’est notre responsabilité en tant que communauté de s’assurer que nos plateformes publiques soient utilisées d’une meilleur manière. Si l’état intervenait pour forcer les médias ou les établissements d’éducation à faire place à la rhétorique haineuse – comme le demandent les fascistes- alors ça serait une violation de la liberté d’expression.

Être ‘’politiquement correct’’ : Insulte ou compliment?

Des humoristes aux politiciens, il semble que le terme

‘’politiquement correct’’ , ou ‘’PC’’, soit devenu très populaire. Le terme est approprié depuis les années 90 par les personnalités médiatiques de la droite pour dénigrer celleux qui s’intéressent aux politiques de la lange courante.

Par exemple, l’effort d’éviter l’usafe de termes ou de stéréotypes raciste ou sexistes, ou de respecter les pronoms et noms choisis par les individus, sont taxés de ‘’politiquement correcte’’.

Ce qui est généralement accepté par la société en matière de stéréotype raciaux ou sexuels aujourdhui est très différent de ce qui était acceptable au 19e siècle, ou même dans les années 80; il est donc normale que nos normes s’adaptent également. Aider les gens à évoluer d’une manière qui accorde respect et dignité à toutes et tous, semble tout simplement être la bonne chose à faire.

En générale, la ‘’rectitude politique’’ est simplement la nouvelle norme pour ce que la société a évolué pour définir comme acceptable. Lorsque vous entendez des membres de l’extrême-droite se plaindre qu’ils ne sont plus capable de rire aux blagues racistes ou de siffler les femmes dans la rue – mais n’avoir soudainement plus rien a dire quand il s’agit du fait qu’il n’est pas socialement acceptable de parler de son salaire avec ses collègues de travail, ou du prix des loyers avec ses amis – il serait bon de vous demander quelles sont leurs motivations, et qui est gagnant ou perdant lorsque l’on adhère à ces normes.

Comme toujours, savoir quoi dire et ne jamais causer de tort à autrui est non seulement difficile- c’est impossible. Nous faisons tou-te-s des erreurs, et nous nous retrouvons parfois dans des situation inconfortables, et c’est OK. Le but est d’être dans cette aventure ensemble et d’apprendre les un-e-s des autres pour devenir de meilleur humains. Certains individus prennent un malin plaisir à être ‘’politiquement incorrect’’, parce qu’ils pensent ainsi commettre une transgression. Mais c’est une triste substitut à la transgression de se soulever réellement contre l’oppression, et ne fait de tort qu’aux personnes qui sont déjà marginalisées. Ignorer ou se moquer des personnes qui se sentent ‘’offensées’’ ou ‘’blessées’’ n’impressionne personne, et ne fait que faire passer ceux qui le font pour des connards.

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(Théorie) Communisme, socialisme, anarchisme, c’est quoi ces bibittes là?

Communisme socialisme, marxisme, anarchisme, ces termes sont très souvent utilisés et rarement définient. On les entends souvent de nos jours pour dénoncer ou démoniser des politiques de gauche. En effet, dans notre société ces termes sont associés à la violence, à la tyrannie, à la décadence, à la famine etc. Ceci est partiellement due à la propagande capitaliste qui s’opère depuis des décennies et qui tente de miner les mouvements qui se montrent critique du capitalisme, mais aussi aux échecs historiques des mouvements  »socialistes » et authoritaires tel que l’USR ou la Chine. Nous essayerons donc ici, de façon sommaire, de remettre l’heure juste sur ce que ces termes peuvent signifier.

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Le socialisme est un terme large qui, simplement dit, regroupe les idées politiques qui ce caractérise à la base par la propriété publique et l’autogestion des travailleurs. Les idées socialistes englobent en presque totalité ce qu’on appellerait en politique ‘’la gauche » et ne sont pas nécessairement anticapitalistes où anti-marchés. Les deux courants majeurs du Socialisme sont le Communisme et la Sociale Démocratie.

La sociale démocratie est une idéologie sociale, économique et politique qui promeut l’intervention économique pour subventionner la justice sociale dans un contexte d’état capitaliste. Pour faire simple dans ce type de gouvernance l’état est propriétaire de certains bien publics et rend des services universelles, tel que les soins de santé, l’énergie, chômage, etc. Le Canada et le Québec moderne en sont des exemples. Ce type de gouvernance apparaît pour pallier la demande de la classe ouvrière exploitée par les capitalistes et leur offrir de meilleures conditions de vie. Les critique de cette tendance politique lui attribueront les caractéristiques d’être superficiel pour le bien-être communs, d’être réformiste et bourgeoise en plus d’être en proie aux abus du système économique capitaliste qui inflige sa logique marchande. À cette tendance moderne s’oppose une autre idéologie politique capitaliste : le Néo-libéralisme, qui prône une privatisation des services publics, un démantèlement de l’état providence et une dérégulation des marchés. C’est deux tendances sont les plus influentes dans les pays dit ‘’développés »et ce font souvent concurrence durant les élections, représente un ‘’centre » politique.

Le Communisme est un éventail d’idéologie sociale, économique et politique qui ont pour bût commun d’établir la société communiste. La société communiste est caractérisé par l’abolition des classes sociales, du capitalisme, de l’argent et de l’état. Elle est souvent décrite comme ‘’utopique ». La transformation vers une société communiste est envisagée de différentes façons par différent courant. Les deux plus notables sont : le Marxisme et l’Anarchisme

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Le Marxisme est une idéologie économique et sociale vaste basé sur les idées de Karl Marx. Le marxisme avance que la société progresse naturellement vers une société communiste. Marx avançait que les conflits de classe devraient éventuellement ce résoudre par une révolution armée de la classe ouvrière et l’instauration d’un gouvernement de transition dit Prolétaire (ou ouvrier). Ce gouvernement de transition doit éventuellement laisser place à une société communiste, directement démocratique et libre de l’emprise du capitalisme. Le marxisme est le courant communiste le plus répandue et est souvent vue comme étant l’ensemble de la pensée Socialiste, ce qui est faux. Le marxisme est la base de presque toutes les révolutions dite ‘’communiste » du 20e siècle mais ne représente pas l’entièreté du mouvement révolutionnaire communiste. Malgré la popularité des idées de Marx, le marxisme à beaucoup de critique et ce, même provenant de socialiste. En effet un courant anti-autoritaire s’oppose a l’idée de contrôler l’état et de former un gouvernement de transition. Ces idées sont décrites comme étant autoritaire et inadéquate pour atteindre l’idéale de la société communiste. L’histoire semble donnée raison à ces critiques, car jamais une société communiste ne s’est réalisée en suivant ce modèle d’état de transition. Reste que le marxisme a apporté beaucoup au mouvement socialiste, notamment, une analyse de la société de classe et une critique du capitalisme industriel, qui nous sont toujours utiles de nos jours. De plus, de nombreux penseurs-euses ont contribué a enrichir la pensée marxiste et en ce sens, nous pouvons percevoir le marxisme comme étant une pensée vivante et en constante évolution, s’adaptant à la réalité matérielle de notre époque et du contexte social.

voir aussi notre article sur le marxisme

Le Marxisme

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L’anarchisme ou l’anarcho-communisme est une philosophie et un courant politique prônant l’abolition des classes, du capitalisme, des hiérarchies injustes et de l’état, sans avoir recours à un gouvernement de transition. Pour ce faire la société doit être organisé de façon décentralisée par la démocratie directe, l’autogestion et l’aide mutuelle. Pour les Anarchiste la domination et l’exploitation sont innées aux hiérarchies et, pour créer une société juste et libre, nous devons démanteler toutes les institutions hiérarchiques et les reformer sur des bases égalitaires et autonomes. L’anarchisme n’est pas une idéologie rigide, mais plutôt un courant pluriel et en constante évolution. Plusieurs tendances marquée existe tel que; L’anarcho-syndicalisme, L’anarcha-feminisme, le Mutualisme (anarchisme de marché), l’anarchisme vert, le communalisme, l’insurrectionisme, etc. Ces tendances ne sont pas mutuellement exclusives et souvent leurs différences sont complémentaires.

Il est important de noter que ces termes ont été utilisés de multiple façons par de multiple personne et ce même par différent penseurs-euses Socialistes. Par exemple le socialisme est souvent défini comme étant la période de transition propre au marxisme, tandis que l’anarchisme est souvent associé au chaos et aux désordre ou est utilisé comme un synonyme pour terrorisme ou nihilisme. C’est en regardant de plus proche qu’on se rend compte que la pensée libertaire et communiste est très large et diversifiée, mais qu’à ça base ce sont des valeurs humanistes, d’entraide, de solidarité, de liberté et d’égalité qui guide ces différentes idéologies.

-Autonomie Commune, 2019.

Pour en apprendre plus sur l’anarchisme nous suggérons ces ouvrages de LUX L’éditeur.

l’ordre moin le pouvoir, Normand Baillargeon,Lux éditeur (2004)

L’anarchie, Errico Malatesta , lux éditeur, (2018)

L’anarchie expliquée à mon père, Francis Dupuis-Déri, Thomas Déri , Lux éditeur (2018)

 

(Théorie) Classe et lutte des classes

Le premier point à éclaircir est que l’on peut utiliser le terme classe de différentes manières. Souvent les gens entendent par “classe”, des caractéristiques culturelles ou sociologiques. Par exemple, la classe moyenne aime les films étrangers, la classe ouvrière aime le foot, la classe supérieure aime les chapeaux haut-de-forme, et ainsi de suite. Mais il y a aussi une autre manière de parler de classe : c’est celle qui fait référence à la position économique de la classe en question. Nous utilisons le terme classe de cette façon parce que cela nous semble essentiel pour comprendre le fonctionnement d’une société capitaliste, et donc de comprendre comment nous pouvons la changer.

Soulignons que notre définition de classe ne sert pas à classifier les individus ou à leur coller des étiquettes, mais à comprendre les forces qui façonnent notre monde, pourquoi nos patrons et politiciens font ce qu’ils font, et comment nous pouvons agir pour améliorer notre condition.

Classe et capitalisme

Le terme capitalisme désigne le système économique qui domine le monde à l’heure actuelle.
Le capitalisme est avant tout un système fondé sur l’accumulation du capital – des marchandises et de l’argent qui génèrent plus de marchandises et d’argent.

Cette accumulation n’est pas magique mais elle est le fruit du travail humain. En fait, nous ne sommes payé-e-s qu’une fraction de ce que nous produisons. La différence entre la valeur que nous créons et celle que nous recevons sous forme de salaire est la “plus-value” que nous avons produite. Cette partie là reste aux mains du patron (et, très rarement, aux mains de la patronne), soit pour être réinvestie afin de générer plus d’argent, soit pour s’acheter des piscines, des manteaux de fourrure etc….

Pour arriver à ce rapport de pouvoir, il faut commencer par créer une classe de personnes qui ne possèdent aucun moyen qui pourrait servir à accumuler de l’argent (comme des bureaux, des usines, des terres agricoles ou tout autre moyen de production). Cette classe doit donc vendre sa force de travail afin d’acheter les biens et services nécessaires pour vivre. Cette classe s’appelle la classe ouvrière.

Donc à l’une des extrémités de ce système il y a cette classe, n’ayant rien d’autre à vendre que sa force de travail. A l’autre, il y a ceux et celles qui possèdent du capital leur permettant d’engager des travailleurs et travailleuses qui vont faire croître leur capital. Les membres de la société se situeront à un moment de leur vie entre ces deux pôles, mais ce qui compte ce n’est pas la position des individus mais la relation sociale entre les classes.

La classe ouvrière

La classe ouvrière, ou le « prolétariat », est donc la classe qui est obligée de travailler pour un salaire, ou de demander des aides si nous n’arrivons pas à trouver un travail ou que nous sommes trop malades ou vieux-vieilles pour travailler, pour survivre. Nous vendons notre temps et notre énergie à un-e patron-ne qui en tire un bénéfice.

Notre travail est le fondement de cette société. Et c’est le fait que la société repose sur notre travail, et qu’en même temps elle nous extorque un maximum de profit, qui la rend vulnérable

Lutte des classes

Quand nous sommes au travail, notre temps et notre activité ne nous appartiennent pas. Nous devons obéir au réveil du matin, aux cartes de pointage, aux managers, aux délais et aux objectifs de l’entreprise.

Le travail occupe la plus grande partie de nos vies. Peut être que nous voyons nos managers même plus que nos ami-e-s ou nos compagnon-ne-s. Même si nous aimons certaines parties de notre travail, nous le vivons comme quelque chose qui nous est étranger, sur lequel nous n’avons pas d’emprise. Cela concerne autant les détails pratiques du travail en soi que le nombre d’heure, les pauses, les congés etc… Un travail qui nous est imposé de cette manière nous pousse à nous y opposer.

Les patron-ne-s et employeur-se-s cherchent à extraire un maximum de travail de nous, avec plus d’heures pour moins de paie. Nous, de notre côté, nous voulons profiter de nos vies : nous ne voulons pas être surmené-e-s par l’effort, nous voulons travailler moins d’heures et gagner plus.

Cet antagonisme est au cœur du capitalisme. Ces deux forces se livrent une lutte perpétuelle de pousser-tirer : les employeur-se-s baissent les salaires, augmentent les heures, accélèrent le rythme du travail. Mais nous essayons de résister : soit de manière individuelle et dissimulée , en le prenant à la légère, en grignotant des moments par ci par là pour faire une pause et bavarder avec des collègues, en prenant des congés maladie, en partant plus tôt. Ou nous pouvons résister ensemble et ouvertement par des grèves , des ralentissements , des occupations etc.

C’est ce qu’on appelle la lutte des classes. Le conflit se situe entre ceux et celles d’entre nous qui doivent travailler pour un salaire, et les employeur-se-s et gouvernements, souvent appelés la classe capitaliste, ou “bourgeoisie”, en termes marxistes.

En résistant aux impératifs du travail, nous affirmons que nos vies sont plus importantes que les profits de nos patron-ne-s. Cette position s’attaque à l’essence même du capitalisme, pour lequel le seul moteur est le profit, et nous indique en même temps la possibilité d’un monde sans classes où les moyens de production ne sont pas une propriété privée. Nous sommes la classe ouvrière qui résiste contre sa propre existence. Nous sommes la classe des travailleur-se-s qui lutte contre la classe et le travail tel qu’il nous est imposé dans le capitalisme.

Au delà du lieu de travail

La lutte des classes ne se déroule pas uniquement sur le lieu de travail. Ce conflit se manifeste dans de nombreux aspects de la vie.

Par exemple, la question du coût du logement concerne tous les membres de la classe ouvrière. Or, un logement financièrement accessible pour nous implique un logement peu rentable pour eux. Dans une économie capitaliste, cela a souvent plus de sens de construire un immeuble d’appartements de luxe, même si des dizaines de milliers sont sans abris, que de construire des logements abordables pour nous. Donc les luttes en faveur du logement social , ou des occupations de logements vides pour y vivre font partie de la lutte des classes.

De la même manière, le système de santé est un champ de lutte des classes. Les gouvernements et les entreprises essayent de réduire les dépenses pour les soins de santé par des coupes de budget et en introduisant de nouveaux frais de services afin de transférer des coûts sur la classe ouvrière, tandis que nous revendiquons de meilleurs soins de santé qui coûtent le moins cher possible.

Tandis que les intérêts économiques des capitalistes sont en opposition directe avec ceux des travailleuses et travailleurs, une minorité de la classe ouvrière sera mieux servie que les autres, ou aura un certain degré de pouvoir sur les autres. Lorsqu’on parle de l’histoire et de changement social, il peut être utile de faire référence à cette partie du prolétariat comme une “classe moyenne”, malgré le fait qu’il ne s’agit pas d’une classe économique à part, mais afin de comprendre le comportement de différents groupes.

La lutte des classes peut parfois être freinée par la création ou l’expansion d’une classe moyenne – durant les années 1980 au Royaume Uni, Margaret Thatcher a encouragé l’achat de maisons particulières en vendant des logements sociaux à bas prix durant les grands conflits des années ’80 , sachant parfaitement que les travailleur-se-s seront plus réticent-e-s à faire la grève s’ils ont un prêt hypothécaire à rembourser, et en permettant à quelques travailleur-se-s d’améliorer leur condition sur le plan individuel et non collectif. En Afrique du Sud, la création d’une classe moyenne noire a contribué à étouffer les luttes ouvrières quand le régime de l’apartheid a été renversé, en offrant à une partie du groupe une certaine mobilité sociale et en accordant à certain-e-s travailleur-se-s noirs des possibilités de participer au système.

Les patron-ne-s cherchent par tous les moyens à diviser matériellement et psychologiquement la classe ouvrière, y compris par des différenciations du salaire, des statuts professionnels, par la discrimination raciste ou sur base du genre.

Il faut souligner une fois encore que nous utilisons cette définition des classes pour comprendre les forces sociales en présence, et non afin de catégoriser les individus ou de prévoir comment les personnes agiront dans telle ou telle situation.

 

//Texte originale par Libcom//

version complète:  http://libcom.org/library/les-classes-une-introduction

Version pdf : la classe et lutte des classes

(Théorie) L’impasse du système capitaliste globale.

    La pollution grandissante de nos écosystèmes globaux par l’accumulation constante des déchets sur terre et en mer, le dérèglement climatique observable, les catastrophes nucléaires, l’épuisement imminent des ressources fossiles, l’inquiétante perspective du manque de phosphore et des autres éléments nécessaires à la composition des engrais, éléments épuisés par l’agriculture de masse et le gaspillage des déchets organiques, l’élevage industriel qui traite des êtres vivants comme des objets pouvant être entassés les uns sur les autres, déployant tant d’hormones et d’antibiotiques pour les empêcher d’être malades, nous rendant malade par la même occasion, les alternatives fossiles au pétrole conventionnel qui se trouvent à être encore plus polluantes, comme les sables bitumineux et la fracturation hydraulique visant à déloger les gaz de schiste, toutes ses variables et plusieurs autres nous forcent à constater que le capitalisme et la propriété ont mené l’humanité dans une mentalité de destruction dont elle ne peut se sortir qu’en rejetant les dits systèmes, en adoptant une alliance des techniques ancestrales et des technologies modernes pour assurer sa survie et son confort dans le respect de son environnement.


Ces évidences peuvent être observées et quantifiées, et il ne fait aucun doute pour nous, libertaires, qu’après tant de mises en gardes des réformistes et écologistes modérés, le capitalisme n’a toujours aucunement l’intention de se modérer ne serait-ce que pour même assurer la survie de l’espèce humaine. L’égoïsme et l’obsession pour le profit à court terme des entreprises capitalistes, pendant que ministres et dirigeant affirment littéralement ne pas vouloir «détruire l’économie pour sauver l’environnement», mène au saccage de notre écosystème et à l’esclavage du peuple.

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En effet, tandis que l’Occident vit dans l’opulence, les travailleuses et travailleurs du monde entier subissent une exploitation inhumaine dans des conditions mortellement dangereuses, subissant les guerres financées par le grand capital et dont les principales victimes sont civiles (innocent-e-s), prétextant apporter la libération quand les corporations financent des gouvernements tyranniques longtemps décriés pour leur non-respect des droits humains fondamentaux aux quatre coins du monde.

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Tous ces faits nous font réaliser l’absence totale d’éthique dans notre civilisation moderne et l’importance de la transformer depuis ses bases les plus profondes. Tant qu’il n’y aura pas de changement en Occident, il ne pourra y en avoir au Tiers-monde puisque notre acceptation du système permet à nos élites d’y maintenir le chaos et la destruction dans leurs intérêts financiers et égoïstes.

Mais pour qu’un changement soit réellement effectif, il faut avoir conscience des racines du problème. Ces racines étant à la base même de la civilisation occidentale, il devient impératif de les déconstruire et d’exposer leurs effets néfastes, en plus de parler et penser l’alternative à présenter. Des réformes n’effleurant que les structures politiques sans s’attaquer aux fondements de l’économie ne consistent au final qu’en un embellissement temporaire d’un système voué à l’échec.

-Collectif Emma Goldman, Saguenay-lac-st-jean http://ucl-saguenay.blogspot.ca/

Source: Le système économique, social et politique actuel mène à une impasse.

Version Imprimante (PDF) L’impasse du Systeme capitaliste

 

(Théorie) Introduction au Capitalisme.

À la base, le capitalisme est un système économique fondé sur trois éléments : le travail salarié (le fait de travailler pour un salaire), la propriété privée ou le contrôle sur les moyens de production (c’est-à-dire les usines, machines, fermes et bureaux), et la production dans l’objectif de vente et de profit.

Tandis que certaines personnes possèdent des moyens de production, ou du capital, la plupart d’entre nous ne possède rien. Pour survivre, nous devons donc vendre notre force de travail en échange d’un salaire, ou alors nous vivotons à l’aide d’allocations sociales. Le premier groupe de personnes constitue la classe capitaliste ou la “bourgeoisie” pour utiliser le jargon marxiste, et le deuxième groupe représente la classe ouvrière ou le “prolétariat”.

Le capitalisme se fonde sur un processus simple: de l’argent est investi afin de générer encore plus d’argent. Quand l’argent est utilisé avec cette finalité, il fonctionne en tant que capital. Par exemple, quand une entreprise utilise les profits pour employer plus de personnel ou afin d’ouvrir de nouvelles filiales, dans l’objectif de générer un bénéfice, l’argent fonctionne comme du capital. Lorsque le capital s’accroît (on pourrait dire aussi, lorsque l’économie est en croissance), on appelle ça ‘accumulation de capital’, c’est le moteur de l’économie.

Le capital s’accumule d’autant mieux quand il peut se soulager de coûts en les transférant sur les autres. Lorsque des entreprises peuvent réduire des coûts, en ne tenant pas compte de la protection de l’environnement, ou en payant des salaires de misère, elles le font. Donc le changement climatique catastrophique et la pauvreté massive ne sont que l’expression du fonctionnement normal du système. Par ailleurs, pour faire plus d’argent avec de l’argent, de plus en plus de choses doivent être échangeables pour de l’argent. Ainsi, la tendance est de transformer tout, depuis les objets quotidiens en passant par des séquences ADN jusqu’aux émissions de dioxyde de carbone – et, de manière cruciale, notre force de travail– en marchandises.

Ce dernier point – la marchandisation de nos capacités créatives et productives, notre force de travail – détient le secret pour comprendre l’accumulation du capital. L’argent ne devient pas plus d’argent en un coup de baguette magique, mais par le travail que nous fournissons chaque jour.

Dans un monde où tout est à vendre, nous devons tou-te-s vendre quelque chose afin de pouvoir acheter les biens dont nous avons besoin. Ceux-celles d’entre nous qui n’ont rien d’autre à vendre que leur force de travail doivent vendre cette force à ceux-celles qui détiennent les usines, les bureaux, etc. Mais les choses que nous produisons au travail ne nous appartiennent bien évidemment pas, elles appartiennent à nos patron-ne-s.

De plus, à cause de l’augmentation du temps de travail, d’améliorations de la productivité etc, nous produisons beaucoup plus que ce qu’il faudrait pour que nous puissions fonctionner comme travailleur-se-s. Le salaire que nous recevons permet à peine de couvrir les dépenses pour les produits nécessaires pour nous maintenir en vie et en mesure de travailler chaque jour (ce qui explique pourquoi, à la fin du mois, notre solde bancaire est assez proche de celui du mois précédent). Le capital s’accumule (ou du profit est généré) grâce à cette différence entre le salaire que nous recevons et la valeur que nous créons.

Cette différence entre le salaire que nous touchons et la valeur que nous créons est la “valeur ajoutée”. L’extraction de la valeur ajoutée, ou plus-value, par l’employeur-se est la raison pour laquelle nous considérons le capitalisme comme un système qui est fondé sur l’exploitation – l’exploitation de la classe ouvrière. Pour illustrer cette idée, allez voir notre étude de cas sur le fonctionnement d’un restaurant capitaliste.

Ce processus est sensiblement le même pour tout travail salarié, pas seulement celui qui se déroule dans les entreprises privées. Les travailleurs du secteur public sont eux-elles aussi constamment confrontés à des attaques sur leur salaire et sur leurs conditions de travail afin de réduire les coûts et de maximiser les profits pour l’ensemble de l’économie. L’économie capitaliste repose également sur le travail non-rémunéré des femmes travailleuses.

//Texte originale par Libcom//

version complète: http://libcom.org/library/le-capitalisme-une-introduction

version imprimante (PDF) petite introduction au capitalisme