Podcast épisode 3: Décoloniser le Québec.

Le plus récent épisode du podcast est disponible sur toutes les plateformes.

Il faut combattre les discours d’éxclusion et de victimisation, soyons dialectique et assumons la réalité de notre identité de colonisateur/colonisé pour dépasser le nationalisme réactionnaire et décoloniser le Québec!

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Écoute en ligne:
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Bibliographie :

Revue « Liberté », édition autonomne 2018, cartographie d’une libération.

Anarcho-indigénisme, compilation de textes.

Le colonialisme au Québec, André d’Allemagne.

Braiding sweetgrass, Robin Wall Kimmerer.

Les indiens, la fourrure et les blancs, Bruce G. trigger.

Histoire populaire de la nouvelle-france, Jacques Lacoursière.

Podcast épisode spécial 1: dé-financer la police

Nouvel épisode soulignant la révolte anti-raciste des derniers jours.

Campagne de dé-financement du spvm. Model de lettre:

https://docs.google.com/document/u/2/d/1k2vusPXGiutTtdHXEQBCCJ_9pGPi6BKjEbJfRmfrs-s/mobilebasic?fbclid=IwAR0yQ6B7Yl9WIPuOgFe9l9hFV-MK5cVTOnv5svZsNfdfSbZekIypC4PKF8c

Bref survol historique du racisme anti-noir à Montréal. :

https://www.noprisons.ca/voices/montreal-police

Lien pour l’épisode :

https://autonomiecommunepod.podbean.com/e/episode-special-1-de-fiancer-la-police/

Qu’est ce que l’écologie sociale

Parmi les divers penseurs qui ont contribué au développement du mouvement écologiste, l’Etats-unien Murray Bookchin fait partie de ceux qui sont allés les plus loin dans le développement d’un projet de société écologique, politique, social et philosophique cohérent, auquel il a donné le nom d’écologie sociale.

L’écologie sociale est avant tout un projet de refonte de notre société. Elle revoit les fondements mêmes de nos institutions afin de les rendre plus écologiques, démocratiques, égalitaires et éthiques. Elle aspire à présenter une société avant tout libérée des dominations, guidée par la raison et basée sur des valeurs réconciliant la société avec la nature de même que l’être humain avec lui-même et sa nature propre. Une société qui dépasserait ce qui est pour tendre vers ce qui devrait être.

Les théories partent du lien fondamental entre problèmes écologiques et problèmes sociaux. La domination de la nature, responsable des problèmes actuels, découle selon l’écologie sociale de la domination de l’humain sur l’humain et ce n’est qu’en résolvant les deux conjointement que l’on parviendra à les résoudre. Cette théorie se veut humaniste et écologiste, c’est à dire qu’elle croît dans les capacités de raison de l’espèce humaine, qui doivent être retrouvées et développées, sur l’implication de ses choix sur la biosphère et donc son rôle à jouer dans la crise écologique. L’écologie sociale fait le projet d’amener chacun à retrouver sa capacité à agir, à diriger la société dans laquelle il vit, et non plus la subir passivement. Les hommes et les femmes, considérés comme capables et responsables, doivent reprendre en main la gestion de leur environnement local, de ce qui les concerne.

Au final, l’écologie sociale cherche l’établissement d’une société écologique, libre (c’est-à-dire ayant aboli les principes de hiérarchies et de dominations), rationnelle et organique (où chaque part à une place et forme un tout cohérent), consciente d’elle-même et de son action. Elle promeut l’idée de l’apport de la diversité, de cette « complexité » positive, qui apporte un gain réel à l’ensemble face à l’uniformisation et la simplification de nos cultures. On retrouve chez elle des principes traditionnels tels que « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens », de « l’unité dans la diversité » ainsi que de « l’égalité des inégaux ».

Une société d’écologie sociale s’articule autour des points suivants :

la décentralisation
L’écologie sociale prône un retour au local, à l’environnement naturel et social présent autour de soi. Elle propose une décentralisation à différents niveaux : géographique (retour au local) et politique (prise de décisions à partir du bas) principalement. Le lieu de vie et l’ensemble politique le plus proche de nous, nommé ici la commune, devrait rassembler les besoins élémentaires nécessaires à la vie de tous les jours (approvisionnement alimentaire, énergie, infrastructures scolaires, postales, etc.) plutôt qu’être centralisés dans des lieux uniques et de grande importance. En revanche, les structures importantes (hôpitaux, universités, etc.) doivent être partagées pour un meilleur usage. Ce retour au local ne permet pas seulement de limiter les transports, il permet surtout une meilleure gestion (en raison de leur taille humaine) plus écologique (adaptée à l’environnement local et social du lieu). Avec l’avantage de disposer de personnes habitants et travaillant sur place. En revanche, il ne s’agit pas d’une recherche d’autonomie et les échanges (commerciaux, mais pas seulement) entre les communes doivent être maintenus et encouragés. Il y a derrière ce concept de décentralisation, de changer d’échelle, celui, primordial, de dissolution du pouvoir. En empêchant des structures économiques et politiques de se développer à grande échelle, elle assure un contrôle local sur celles-ci et empêche un groupe de dominer.

une démocratie directe et locale
Alors que la politique est devenue une profession, l’écologie sociale veut en refaire une préoccupation et gestion commune à tous. Elle promeut une société sans classe, mais de citoyens responsables de la gestion de leur commune. En lien avec la décentralisation, l’écologie sociale cherche l’établissement d’un système politique communautaire sous forme d’assemblées populaires (rattachés aux communes) fonctionnant selon un système de démocratie directe en face-à-face et liées entre elles en tant que confédération. Cette confédération communale, appelée « communalisme » ou « municipalisme libertaire », part ainsi du bas, avec différents échelons d’assemblées régionales. Aux assemblées régionales et plus larges sont envoyés des délégués des assemblées communales, révocables, avec un mandat impératif leur imposant de défendre la prise de position, à la majorité, de la commune sur les questions abordées.

une économie morale et municipalisée
Il faut un retour à une société humaine plutôt qu’à une société de marché. Aux velléités de croissance économiques, de la production pour la production et à la consommation détachée des besoins réels, l’écologie sociale prône une vision morale de l’économie, gérée par en assemblées populaires par les citoyens, avec une gestion des ressources à disposition pour apporter à chacun ce dont il a besoin pour une vie décente sans porter atteinte à la nature. Surtout, elle prône la suppression du luxe inutile, du marketing, de la bureaucratie, de tous les métiers dévoués uniquement à l’économie (gestion de fortune, traders, etc.). Epurer le monde économique du travail des dérives de la compétition et relier l’économie réelle aux besoins reels permettrait de libérer des ressources et de la force de travail pour diminuer les heures de travail de façon significative et apporter à chacun ce minimum vital nécessaire.

des éco-technologies libératrices
L’écologie sociale ne s’oppose pas au progrès technologique mais prône un développement moral de celui, soit une réappropriation par l’être humain du contrôle sur la technologie. Les techniques doivent sortir l’être humain de l’aliénation, servir à le libérer au lieu de le dominer et l’en rendre dépendant. Toute technologie doit être pensée en fonction de son impact sur la nature et la société en général. Surtout, les possibilités écologiques en matière de production (d’énergie notamment) doivent être développées, décentralisées pour permettre leur utilisation. La recherche doit aller dans ce sens, toujours en se posant la question éthique : Pourquoi le faire ? Quelles en sont les répercussions ?

une réhumanisation de l’être humain
L’être humain, dans l’optique de l’écologie sociale, doit retrouver une place dans la nature qui permette son développement et son bonheur au niveau psychologique, physique et social, sans porter atteinte à l’environnement. Le stress résultant de l’accélération de nos modes de vie doit être combattu, tout comme la soumission et la passivité résultant de la société de masse actuelle. A l’inverse, le temps libre, le développement personnel ainsi que l’implication dans son lieu de vie doit devenir une fin en soi.
une méthode pour le changement
Une des particularités de l’écologie sociale tient dans son projet de mise en place d’une telle société. Désirant changer en profondeur la société occidentale actuelle, en revoir les bases mêmes pour la construire sur des bases plus saines, elle s’affiche comme révolutionnaire. L’écologie sociale considère à cette fin que les institutions libératrices souhaitées doivent être mises en place avant que la chute du système ne soit provoquée, de façon à ce que la société qui en ressort ne soit pas livrée à elle-même, voire récupérée. Elle revoit donc le concept d’insurrection lié à la révolution pour celui d’une reconstruction de la société à l’intérieur de celle-ci, amenant des bases permettant de renverser, probablement symboliquement, le modèle de société dominant.

**Texte originalement publié sur le portail francophone de l’écologie sociale.**

http://www.ecologiesociale.ch/

L’ÉCOLOGIE DU CHANGEMENT : brève pour une écologie sociale

‘’….la notion même de la domination de la nature par les humains trouve racine dans le phénomène de la domination des humains par les humains. « 

– Murray Bookchin, ‘’The ecology of freedom’’

La crise environnementale prend de l’ampleur et pourtant il semble que les gouvernements sont incapables d’agir conséquemment à la gravité de cette vérité. On pourrait être confus et se demander, mais pourquoi ces gens au pouvoir ne ressentent pas l’urgence du moment? La violence de la crise? Mais nous savons instinctivement que la politique nationale et provinciale est le territoire de l’argent, du capital, et c’est sa logique qui guide l’orientation de nos actions politiques et l’organisation de la société. Cette logique, c’est celle de l’impératif du profit, de la surproduction, de l’exploitation et de la croissance infinie. Il devient donc évident que c’est la symbiose entre capitalisme et gouvernement, qui permet la perpétuation du cycle destructeur qui nous à mener à cette crise climatique qui menace la civilisation humaine elle-même.

De ces observations, nous pouvons déduire un champ d’action. Si nous voulons faire face aux changements climatiques, nous devons reconstruire les fondements de l’espace politique en créant nos propres assemblés et fédération municipaliste pour ensuite reprendre le contrôle de notre économie, et l’orienter vers l’objectif de bâtir une société écologique et rationnelle.

Une idée qui pourrait guider nos actions et notre éthique serait de reconnaître que nos sociétés font partie du monde naturel et sont le fruit de l’évolution naturel. En observant le monde naturel, sa complexité, sa mutualité et son interdépendance, nous pouvons en tirer d’important leçons et appliquer ses principes à la construction d’une nouvelle société sans hiérarchie sociale ni domination.

En Mettant fin au phénomène de la domination des humains par les humains, en organisant nos sociétés de façon non-hiérarchique, et en nous inspirant du monde naturel, nous pourrions véritablement reconstruire une société symbiotique, féconde, solidaire, égalitaire et pleine de liberté pour tous et du même coup nous permettre d’être plus résilient face à la menace du changement climatique.

Le mouvement ‘’environnementaliste » depuis trop longtemps implore le pouvoir d’agir face à la crise et renonce donc son autonomie à ceux qui nous ont mené à cette crise. Il tombe dans le piège du ‘’développement durable’’ et de ‘’L’économie verte’’, un mirage construit par des corporations. Il est grand temps que ce mouvement devienne véritablement écologiste, et reconnaisse la nécessité de la décentralisation politique, de la décroissance économique et de la révolution sociale.

‘’Si nous ne faisons pas l’impossible, nous serons confrontés à l’impensable’’

-Charles Green, 20 février 2020.

Lancement du volet audio!

Aujourd’hui débute une podcast qui aura pour thème l’écologie révolutionnaire. L’émission explorera différente perspectives écologique et sociale dans le bût de partager des idées et de prendre par à la discussion sur la société post-capitaliste. Le premier épisode est un survol du municipalisme libertaire.

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(Disponible sur Apple\itunes, et tout les applications podcast)

Le Municipalisme Libertaire

Le Municipalisme libertaire est un mouvement politique qui reconnaît la municipalité comme étant le terrain le plus fertile pour développer une démocratie directe et étendre l’autonomie des citoyen-nes. Pour mieux comprendre cette position nous devons d’abord clarifier le mot <<politique>>, et retrouver sont sens original.

Reconquérir la politique.

À l’origine le mot politique désignait le champ de compétence décisionnelle, c’est-à-dire les débats, les discussions et la prise de décision. Ce processus, décrit explicitement pour la première fois en Grèce antique, était exercé par le peuple dans un système qui peut être décrit comme étant une démocratie directe. Au contraire, dans notre société contemporaine, le champ politique est le travail de politiciens de profession qui se font élire sur une plateforme quelconque et doivent, en théorie, être des représentants du peuple. En pratique, nous pouvons l’observer, ce n’est qu’illusion. Une fois un gouvernent élue, il détient le pouvoir et peut renier ces engagements et faire sourdre oreille vis-à-vis l’opinion publique. Les citoyens, ceux-et-cèlent qui sont directement affecter par les décisions prises par un gouvernement, ce retrouve donc sans aucun pouvoir politique.

Dans le modèle de démocratie directe, le pouvoir s’exerce de façon différente. Les décisions sont prises par les citoyen-nes lors d’assemblé populaire. Ces assemblées populaires peuvent être de différentes tailles, par exemple dans un petit village, une seule assemblé pourrait être suffisante, alors que dans une métropole les assemblées doivent être multiples et peuvent être formées à partir du cartier ou par ‘’bloque ». Dans ces assemblés les gens discutent et débattent de problème ou de politique gestionnaire qui les concernent directement. Ils peuvent ensuite prendre des décisions collectives et reléguer la tâche de les exécuter aux personnes les plus aptes à le faire. Pour les Tâches à grande échelle un système de confédération est utilisé. La confédération est une assemblée de regroupement de grandes échelles où des représentant des assemblés populaires transmettre la volonté de leurs assemblés dans le but d’arriver à une décision concernant des problèmes ou projets de société large.

Ce système a l’avantage de redonner le contrôle aux citoyen-nes car en démocratie directe le pouvoir s’exerce à la base au contraire de la démocratie représentative. Le problème de la centralisation du pouvoir tel qu’on la connaît, c’est que les politiciens professionnels sont déconnectés de la réalité matérielle de la base et prennent donc des décisions qui vont à l’encontre des désirs et besoins des gens qu’ils sont supposés représenter. Un autre problème est celui de la corruption, phénomène rependu ou les politiciens agissent dans leurs intérêts personnels et vont à l’encontre du bien commun pour faire des gains ou favoriser leurs propre ‘’cercle » de relation.

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ALORS COMMENT ON FAIT POUR REPRENDRE LE POUVOIR?

Le municipalisme libertaire s’établit en plusieurs étapes. Au début un petit groupe municipaliste est créé localement, puis une assemblée est fondée par les citoyens de la communauté, du quartier, ou d’un territoire quelconque. Cette assemblée dénouée de pouvoir crée un système politique directement démocratique en fessant miroir au gouvernement municipale élue. Cette assemblée peut faire passer des résolutions symboliques dans le but d’éduquer et d’exercer la population au fonctionnement d’une assemblée libertaire fonctionnant sous la démocratie directe.

Éventuellement le pouvoir doit être reprit des mairies et les assemblées libertaires doivent être officialisées comme légitimes. Pour ce faire un parti politique municipaliste est fonder avec l’objectif d’éduquer la population au municipalisme libertaire, de créer un mouvement populaire et de reprendre la mairie pour ensuite transférer le pouvoir aux assemblées libertaires. L’exécutif d’un tel parti doit être élue par les citoyen-nes et n’est que le porte-voix de la majorité de l’assemblée. Une fois le conseil municipale reprit par les citoyen-nes, une lutte débute contre les différents paliers de gouvernement supérieure (fédérale, provinciale) dans le but de rapatrier les pouvoirs vers les assemblées et les fédérations d’assemblés. L’objectif est l’autonomie totale et l’implantation d’une confédération d’assemblés directement démocratique.

MUNICIPALISER L’ÉCONOMIE

Une fois que le contrôle de la sphère politique sera reprit par les assemblées de démocratie directe, l’étape suivante peut s’enclencher, soit la municipalisation de l’économie. Ce que nous entendons par ce terme c’est la reprise de la propriété privée pour ensuite la retourner en propriété publique auto-gérée par les assemblées et donc les citoyen-nes. L’objectif étant de s’émanciper du système capitaliste et de sa logique de destruction, éliminant ainsi les inégalités économiques offrant ainsi la chance à tous et toutes de combler leurs besoins essentiels et de réaliser leur plein potentiel.

LE POUVOIR PARALLÈLE

Le municipalisme libertaire est un mouvement en opposition à l’état-nation et de ce fait , un mouvement municipaliste devra un jour faire face à l’autorité centrale du gouvernement pour lui reprendre le pouvoir. Pour ce faire une garde civique doit être fondée par les citoyen-nes du mouvement. Une garde civique pourra défendre l’autonomie des assemblés et de ces citoyen-nes en s’armant face à la violence de l’état-nation qui détient officiellement le <<monopole de la violence>> et qui s’en sert pour la coercition des citoyen-nes à son modèle économique et politique. La garde civique devra être elle même un organe de démocratie et doit se gérer par un modèle électif et directement démocratique qui doit agir en symbiose avec les assemblés. Sans l’aide d’un mouvement d’autodéfense commun, tout mouvement politique posant un réel menace à l’ordre établi devra faire face à une forte répression étatique et risque de voir son élan démocratique brisée par l’état-nation capitaliste. Établir un pouvoir parallèle à l’aide d’une garde civique devient donc un élément critique de toute révolution libertaire municipaliste.

INTERDÉPENDANCE

Le municipalisme libertaire ne peut être portée que par une communauté d’individus décidé à faire un changement profond dans la société dans laquelle ils et elles vivent. Tel que démontré par la science et appuyé par la théorie de l’écologie sociale, un des facteurs qui fait la force d’une communauté ou d’un système d’individus est son niveau d’interdépendance, c’est-à-dire l’ensemble des relations qui lient entre eux chaque individu à une communauté ou système. Plus la communauté est complexe, diversifié et mutuelle, plus elle est propice à résister aux intempéries. Il faut donc combattre l’isolation sociale et politique et valoriser l’entraide et toutes les relations informelles qui forment la vie de tous les jours pour nourrir l’espoir de créer une communauté qui pourrait un jour atteindre l’idéale d’autonomie, de liberté et d’égalité. C’est là un peu la base du municipalisme libertaire. L’interdépendance s’exprime aussi dans l’idée de la confédération.

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LA COMMUNE DES COMMUNES, LA CONFÉDÉRATION.

Une confédération est un réseau intégrant plusieurs assemblées populaires autonome. Elle est utile pour la réalisation de projets de grande envergure touchant un territoire large et plusieurs communautés. Elle fonctionne par démocratie directe, chaque assemblé membre de la fédération envoie des représentants avec un mandat clair à porter à la confédération. Ainsi chaque assemblée locale reste autonome tout en s’harmonisant avec les communautés voisines. Cela met en valeur le partage des ressources, une gestion du territoire harmonieuse et la mise en commun des moyens de production tout en valorisant aussi les relations d’entraide entre communautés voisines. Nous appelons cette forme d’organisation politique le <<Confédéralisme Démocratique>>.

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UNE SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE

Pour le municipalisme libertaire, il est important de reconnaître que le concept d’interdépendance s’applique non pas seulement entre des individus et des communautés, mais aussi à la relation des êtres humains au reste du monde naturelle. Une relation d’entraide et non d’exploitation doit être établie avec le reste du monde naturel pour renverser la tendance à l’extractivisme perpétuer par l’économie capitaliste qui recherche la croissance perpétuelle . Cela implique notamment de repenser notre relation à l’agriculture, à notre consommation et production d’énergie et de bien , et à la gestion de l’espace de nos lieux de vie. Il faut arrêter de percevoir l’humain comme étant <<hors>> du monde naturel, nous en sommes une partie intégrante et sa santé affecte directement la nôtre.

Toutes sortes d’alternatives se proposent à nous, ensemble et avec le pouvoir politique que nous prodigues la démocratie directe, nous pouvons repenser et changer notre monde, s’opposer au capitalisme globale et s’adapter à un climat qui se dégrade de plus en plus et qui menace la survie même de la biosphère.

-Autonomie Commune, 2019

 

Pour continuer la lecture:

Ouvrage de référence:

-Le municipalisme Libertaire, Janet Biehl, édition écosociété, 1998, 2003.

le-municipalisme-libertaire, Janet Biehl (version pdf)

Voir aussi :

Murray_Bookchin_Compilation-de-textes-fr (pdf)

Ballast – le municipalisme libertaire Quest-que C’est donc?

Le lendemain (retour sur la marche pour le climat)

27 septembre 2019, 500 000 âmes prennent d’assaut les rues de Montréal pour le climat. Mais à quoi bon? Qu’est-ce qui a été accompli? Des politiciens se sont payés un p’tit bain de foule pour ce faire un peu de capitale politique, des entreprises ré-double d’effort dans leur « green-washing » , en miroitant une image de vaillant écologiste militant pour la planète et son écologie tout en exploitant ces ressources pour ce faire du gros cash sur notre dos le reste de l’année. Mais quelle hypocrisie.

À quoi bon 500 000 personnes dans la rue si ces mêmes gens retournent chez eux pour continuer leurs petits trains-trains habituelles avec le sentiment du « devoir » accomplie, le sentiment d’avoir fait quelque chose pour la planète. À quoi bon si ce geste n’est qu’une énième demande à nos dirigeant de « s’il vous plaît faite quelque chose! ». Petite nouvelle, il s’en câlisse les patrons, les ultra-riches et les politiciens de notre mouvement écologiste. Bien sûr ils utilisent une rhétorique pour nous faire croire le contraire, mais agissent à l’opposé. Des 3ieme liens, des pipelines, des puits pétroliers, awaye c’est encore le temps de faire d’la business en violant la terre et en bafouant les droits territoriaux des indigènes. Il faut arrêter de croire que les politiciens sont à notre écoute, qu’ils ont notre intérêt a cœur, car c’est faux. Le seul intérêt de la classe politique est de maintenir le système économique et de protéger le flow et l’accumulation de capitale. C’est ça le capitalisme. Un système totalisant, qui a une emprise sur chaque facette de nos vies et qui cherche à dominer et exploiter chaque recoin de notre monde à l’infinie.

Nous devons repenser nos mode d’action. La démocratie représentative est une ostie de JOKE. Nous devons reconstruire le champ politique pour que nous puissions collectivement prendre nos propres décisions et re-construire une société sur des lignes écologiques. Car oui , c’est la société elle même qui doit changer pour faire face à la crise climatique. Cela implique de repenser nos relations avec les moyens de production et de consommation, de repenser comment notre économie est organisée. Pour ce faire nous devons donc nous armée d’une nouvelle forme de politique qui serait DIRECTEMENT démocratique qui nous permettrait de faire un contre-poid au système capitaliste. Nous devons arrêter de nous plier au marché globale et aux pressions des ultra-riches. Nous n’avons pas besoin d’eux, c’est eux qui ont besoin de nous. Ce sont nos villes, nos vies, nos bien communs, nos futures qui sont en jeu, on ne peut plus seulement parler, nous devons agir.

À quoi bon marché si on se rassoit tout de suite après? Quel future pouvons-nous imaginer si nous restons inactif, passif, seulement capable de hurler vers le haut « FAITE DE QUOI CALISS », nos cris ignorés.

À quoi bon nous dire écologiste, si nous ne reconnaissons même pas la cause de la crise climatique, le capitalisme globalisée?

À quoi bon changer nos habitudes de vie si le système ne suit pas la cadence?

À quoi bon une grève mondiale si demain n’est qu’un autre lendemain.

-Autonomie Commune, 2019

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L’antifascisme

L’antifascisme est un mouvement politique qui n’a que pour seul objectif d’opposer et de détruire le fascisme. L’antifascisme émerge en même temps que les premiers mouvements fascistes du début du 20e siècle et est constamment réapparue partout ou le fascisme et l’extrême droite pointe leur nez.

Pour mieux comprendre ce mouvement, nous devons d’abord comprendre qu’est-ce le fascisme. Voici quelques ressources qui vous en apprendront plus sur ce mouvement historique.

https://montreal-antifasciste.info/fr/faq/

https://youtu.be/HQX96y5keUs

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Les tactiques.

Les militant-e-s antifascistes utilisent plusieurs approches et tactiques dans l’objectif d’opposer et d’empêcher l’organisation d’un mouvement fasciste. Nous allons explorer quelques-unes de ces approches.

Le doxing ou la désanonymisation.

Les idéologues et militant-e-s du fascisme contemporain ce cache souvent sous des pseudos et de faux-noms en ligne pour éviter que leur communauté et proches ne découvre leurs tendances fasciste. Le doxing est la pratique de désanonymiser quelqu’un et de rendre son identité publique. Les conséquences peuvent souvent être désastreuse pour un idéologues ou militant fascistes; perte d’emplois, rejet familial, divorce, etc. L’information est souvent acquise légalement en arpentant l’internet à la recherche de trace laisser par l’idéologue ou le fasciste sur différentes plateformes. L’information peut aussi être le fruit d’une enquête ou d’une infiltration d’un groupe privé, physique ou non. L’infiltration est particulièrement critique dans l’objectif de trouver et démasquer les individu-e-s avec des intentions violentes ou mettre à jour la collusion entre les force policière et les regroupement fasciste. Une désanonymisation peut souvent nuire sévèrement à un groupe qui essaie d’agir dans l’ombre et l’affaiblir à la racine.

De-Plateforming

Le de-plateforming est la pratique de dénier une voix au fascisme. Cela peut-prendre la forme de dénonciation du discours haineux sur les plateformes en ligne ou l’annulation forcée d’un évènement d’extrême droite. Dans le deuxième cas un simple appel à l’hôte de l’évènement (le/la propriétaire ou l’institution) pour dénoncer les sympathies fascistes des organisateurs ou de la personnalité publique suffit à faire annuler l’évènement. Parfois cette tactique n’est pas assez et des méthodes plus militantes sont utilisées; des manifestations ou des blocages peuvent être organisés . Le de-plateforming est jugé important pour empêcher un discours fascisant de prendre de l’ampleur avec un public large et pour saboter les tentatives de propagande haineuse par des groupes d’extrême droite.

Action directe

l’action directe antifasciste est la pratique d’opposer physiquement et directement les groupes ou les individus fascistes. Cela peut prendre la forme de contre-manifestation visant à empêcher une manifestation d’extrême droite. La contre-manifestation est souvent le côté le plus connus du militantisme antifasciste vue l’aspect spectaculaire que peut prendre cette tactique et l’hyper focus que les médias donnent à ces évènements. On la reconnaît souvent par l’usage de tactiques « black-bloc » par les militants, qui consiste a s’habiller de noir et dece couvrir le visage pour former un bloc anonyme capable d’agir et de se défendre d’ une agression par le côté des militants fascistes ou du côté des forces policières, qui souvent, prennent pour cible les militant-e-s antifascistes. Les tactiques d’actions directes peuvent aussi prendre la forme de sabotage de lieux militants fascistes par le vandalisme ou de manifestation de bruit. L’action directe devient nécessaire quand l’idéologie et les groupes fascistes passent à l’étape de s’organiser physiquement et de faire des actions publiques souvent violentes (lynchage, agression armée, actes terroristes…). L’action directe antifasciste est une réaction dite proportionnée au niveau de danger que pose un mouvement fasciste, et est souvent décrite comme étant une forme d’autodéfense communautaire. Historiquement cela peut escalader jusqu’au sabotage industrielle ou la lutte armée comme durant la seconde guerre mondiale ou durant la révolution d’Espagne.

L’éducation et l’organisation communautaire.

Le volet le plus fondamentale de la lutte antifasciste reste l’éducation. Les idéologies fascistes, à l’aide de théories de complots, se servent des craintes, anxiétés et peurs de la population pour créer des bouc-émissaires et forcer les gens à abandonner leurs droits et à tourner le dos à certains membres de leurs communautés. Il est donc impératif de contrée les trames narratives anti-historiques, complotistes ou régressives et rappeler les horreurs du fascisme historique. Pour ce faire les militant-e-s antifascistes prennent part à des projets d’éducation populaire dans leurs cartiers ou en ligne, créent des plateformes éducatives et rendre disponible toute sorte de ressources pouvant servir à contrer les manipulations fascistes; des tracts, des zines, des affiches, des livres, des vidéos, des podcast etc.…

L’éducation populaire est une facette de ce que l’on peut décrire comme étant « l’organisation communautaire ». On entant par là  des groupes activistes qui prennent part à la vie communautaire en répondant à des besoins que l’état ou le marché capitaliste n’ont pas su satisfaire. On peut penser à des initiatives en défense de droit au logement, des groupes luttants contre l’itinérance, des cliniques volontaires, des mouvements de bouffes populaire, des services de soutiens aux immigrants ou réfugiés, de groupes défense des droits des minorités, etc. Ces initiatives basées sur l’entraide et l’aide mutuelle servent d’outil pour créer des communautés plus forte et solidaire. Connaître son voisinage et les personnes qui partagent nos cartier, nos villes et villages, permet de lutter contre la démonisation de « l’autre » tant utiliser par les mouvements fascistes. C’est en vivant ensemble et en partageant que nous apprenons à ne pas craindre la différence. En créant des communautés fortes et solidaires nous pouvons mieux lutter et empêcher l’incursion et le foisonnement d’idéologies fascistes dans nos vies et dans nos sociétés.

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La démonisation de l’antifascisme contemporain.

Depuis un certain nombre d’années nous voyons une résurgence de mouvements d’extrême droite et même fascistes un peu partout à travers le monde. Ce nouveau mouvement est en autre nourrie par une xénophobie anti-immigrant, un racisme décomplexé, les excès du néo-libéralisme, la crise écologique et un sentiment anti-féministe/misogyne. Avec cette résurgence fasciste viens immanquablement un retour de l’antifascisme. Ce nouveau mouvement ce caractérise entre autre par l’adoption de tactiques black-block popularisées par les luttes autonomes/anarchistes en Allemagne dans les années 80. Cette tactique de se masquer de noir en groupe, permet aux militant-e-s de rester anonyme (ce protègent ainsi de la police, souvent acoquiner avec l’extrême droite) et de pouvoir passer à l’action quand nécessaire. Bien que cette tactique est des avantages évident, elle a aussi nourrit une certaine image négative que les médias on construit autour du mouvement antifasciste, péjorativement appeler « antifa ».

Les groupes et réseaux d’actions directes antifascistes sont décrit comme étant dangereux, violent, provocateur, autoritaire ou même terroriste. Des tentatives pour criminaliser ces mouvements ont aussi été tenté, en accusant les antifascistes d’être des cellules terroristes. Rien n’est plus faux. L’antifascisme se pose en groupe d’autodéfense autonome et cherche a élimer les instigateurs de violence fasciste et à résister a leur agression. Alors que les groupes d’extrême droite accumule les actes de violence de masse, les meurtres, les agressions armées, et les lynchages, les antifascistes ont été responsable d’aucun décès depuis la résurgence contemporaine. Malgré tout l’antifascisme ce retrouve la cible de critiques virulentes et de mesures répressives démesurés. Cet antagonisme face à l’antifascisme est le fruit de campagnes médiatiques trompeuses mais est aussi dû au fait que l’antifascisme est majoritairement animée par une critique de l’oppression systémique et du capitalisme, vue comme étant en grande partie, responsable des dérives fascistes et du grand désarroi de la classe ouvrière.

Il est donc important de se rappeler de quoi les fascistes sont capables et les actes inhumains qu’ils sont commis au fil de l’histoire du 20e et 21e siècle; les camps de concentrations, l’esclavage, les génocides, etc.

L’antifascisme avance qu’avec l’état qui ne fait rien pour arrêter ces mouvements, souvent lui-même gangrené par des idéologies fascistes et autoritaires, c’est la communauté elle-même qui doit s’organiser pour se défendre contre le fascisme, au risque de voir les horreurs du passé se répéter…

Autnomie Commune , 2019

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(Théorie) Le fascisme: Qu’est-ce que ça mange en hiver?

LE FASCISME: QU’EST-CE QUE ÇA MANGE EN HIVER

Tout ce qu’il faut savoir pour résister à la montée de l’extrême-droite.

Ce texte est une reproduction partielle du zine produit en 2016 par le collectif ‘’Resist Trump et l’extrême droite’’, un survol des mythes entourant le fasciste contemporain.

On nous enseigne souvent le fascisme comme une menace monstrueuse, quelque chose qui survient de nulle part et qu’il serait impossible de comprendre ou d’expliquer. Mais il y a de vraies raisons matérielles qui produisent le fascisme, et qui expliquent pourquoi il prend tant de traction dans les périodes de crise comme celle que l’on vit en ce moment.

Le monde dans lequel nous vivons est extrêmement inéquitable, surtout si on compare la qualité de vie de différents pays. Cette inégalité est essentielle à la croissance capitaliste, puisqu’elle permet aux entreprises et aux investisseurs d’avoir accès à de la main d’œuvre et des ressources bon marché dans les endroits où les travailleur-eusse-s sont désespéré-e-s, tout en fournissant également un marché pour les produits de luxe comme les ipads, qui peuvent alors être vendus aux pays riches pour un profit énorme. Ce processus, par lequel les corporations internationales s’approprient la richesse produite par les habitant-es- des régions les plus pauvres est l’une des raisons pour laquelle la qualité de vie ici au Canada est tellement plus élevée que dans beaucoup d’autres pays où la majorité est forcée de vivre dans la pauvreté.

Ça ne veut pas dire pour autant que tous celleux qui vivent dans un pays ‘’développé’’ sont riches, bien entendu. Par exemple, au Canada, au moins 114 communautés autochtones n’avaient pas accès à l’eau courante en 2016, conséquence de décennies de marginalisation par le gouvernement. Beaucoup de Canadien-ne-s ont aussi de la difficulté à trouver du travail ou à payer leurs factures. Ceci dit, une des choses qui différencie un pays plus riche est l’existence d’une grande classe moyenne composée de professionnel-le-s, de petits propriétaires d’entreprise, de gérant-e-s, Etc. Ces individus doivent aussi travailler pour gagner leur vie, mais ils profitent d’une position bien plus confortable que la majorité des travailleuse et travailleurs, surtout à l’échelle globale.

Pendant une période de crise, alors que la richesse se concentre de plus en plus dans les mains des super-riches, la classe moyenne risque de perdre sa position et de tomber au bas de l’échelle, avec le reste des travailleuses et travailleurs. Plutôt que de se joindre aux autres pour reprendre le contrôle usurpé par les corporations et les super-riches, qui possèdent la majorité des ressources mondiales et détiennent tout le pouvoir, certains membres de la classe moyenne sont convaincus de blâmer tous leurs problèmes sur les immigrant-e-s, les musulman-e-s, les juif-ive-s, ou d’autre cible faciles, en un effort désespéré de s’accrocher au quelques privilèges qu’il leur reste encore. C’est cela qu’on appelle fascisme, et ça ne cause pas que du tort au personnes qui sont les cibles directes de la violence fasciste, mais ça distrait aussi tout le monde du vrai problème : le système qui produit les inégalités et cette souffrance en premier lieu, un système qui met la priorité sur l’appât du gain privé avant le bien public. C’est ce modèle de création de boucs émissaires qui connecte le fascisme que l’on voit émerger aujourd’hui avec celui d’Allemagne nazie, de l’Italie , et d’ailleurs.

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LE FASCISME RESPECTABLE

‘’Fascisme’’ est un vilain mot. La plupart des individus qui possèdent des opinions fascistes ne vont pas l’admettre en public. Au fil des années les fascistes ont fait de grand efforts pour donner une nouvelle image a leur idéologie et se dissocier des stéréotypes ou des exemples historiques du fascisme. Quand ces individus sont comparés avec des groupes fascistes ou traités de nazis, ils se défendes en répondant simplement’’ nous ne somme pas comme eux’’ sans pouvoir donne une raison solide de ne pas les considérer de la même manière.

Les personnes qui propagent des idées racistes vont souvent prétendre ‘’ne pas voir la race’’ ou dire qu’elles n’ont de haines envers aucune ethnicité, tout en accusant ceux qui critiquent leur racisme d’être les ‘’vrai racistes’’ ou d’être la cause de divisions. Les fascistes font des efforts pour re-formuler leurs croyances afin de les faire apparaître comme de légitimes préoccupations économique ou politiques, changeant constamment leur positions et leur langage en fonction de leurs besoins ou pour attirer des personnes plus jeunes ou modérées.

Il y a 3 types de fascistes respectables qui deviennent de plus en plus proéminents:

Le ‘’alt-right’’

‘’Alt-Right’’ est devenu une expression à la mode après les élection américaine de 2016, mais peu de gens savent exactement à quoi se réfère ce terme. Le Alt-right n’est pas un groupe ou une idéologie, mais plutôt un terme utilisé pour décrire les personne qui font la promotion de l’islamophobie, l’antisémitisme, l’antiféminisme, l’homophobie, la transphobie, ou de toute autre croyance haineuse sous un couvert d’humour et d’ironie, ce qui leur permet de rejoindre une audience plus jeune et plus à l’aise sur l’internet. Le Alt-right prend ses racines dans la culture en ligne et est principalement composé de jeunes hommes blancs qui utilisent des sites comme Twitter, 4chan, ou d’autres réseaux sociaux, pour propager leur visions d’extrême-droite. Ces individus rejettent souvent les accusations de fascisme en répondant qu’ils ne font que plaisanter, et que ceux et celles qui les critiquent imposent la ‘’rectitude politique’’. Un exemple proéminent est Milo Yiannopoulos, une personnalité des médias sociaux qui est monté en proéminence sur Twitter.

‘’Le fasciste complet-cravate’’ ou ‘’ l’intellectuel fasciste’’

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Le fasciste complet-cravate est un fasciste qui présente son adhésion à la suprématie blanche comme étant intellectuelle ou scientifique d’une manière ou d’une autre. Ces fascistes veulent se distancer des ‘’skinheads’’ ou des stéréotypes de classe ouvrière ignorante associée à la suprématie blanche. Ils avancent leur racisme en utilisant des arguments sans fondements basés sur les différence de QI, ou en se présentant comme des experts sur l’Islam et sur les cultures à majori

té musulmanes, associant toutes sortes de vices comme étant inhérents à celle-ci. Un exemple est Richard Spencer, le président du ‘’national policy institute’’, aussi connu pour s’être pris un coup de poing dans le visage le 20 janvier 2017.

Les politiciens d’extrême-droite

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Bien entendu, la forme la plus connue de fascisme respectable est le politicien d’extrême-droite. Ces politiciens mènent des partis populistes d’extrême-droite avec des plateformes centrées sur la fermeture des frontières et le retour d’emplois déplacés, se présentant comme des représentants du peuple. Ces politiciens attaquent régulièrement l’Islam et cherchent à réprimer les musulman-e-s immigrant-e-s. Ils ne veulent pas être identifiés comme racistes et utilisent donc ce qui est appelé en anglais un ‘’dog-whistle’’ c’est-à-dire un mot qui communique un stéréotype racial aux initiés, sans pour autant être explicitement raciste. Un exemple serait l’usage de ‘’racaille’’ pour se référer à des jeunes de l’immigration, ou ‘’pur-laine’’ pour se référée exclusivement aux personnes blanches. Des exemples de politicien d’extrême-droite incluent le président des États-unis Donald Trump, la candidate française Marine Le Pen , et l’ancien premier ministre Stephen Harper.

Déconstruire les Mythes proéminents.

Immigration

Nous sommes toutes et tous le produit d’une loterie globale qui décide au hasard dans quelle partie du monde on naît. Bébé, dans le ventre de sa mère, personne ne reçoit de formulaire demandant le pays dans lequel on désire avoir citoyenneté. C’est la chance qui fait les choses

Cependant, à cause de notre système de frontière stricte et injuste, en fonction de là où on naît, et d’où on possède la citoyenneté, on recevra d’avantages ou des désavantages drastiques. Ce système est maintenu en place par un nombre de mythes qui sont répétés par tous les grand politiciens et les médias, ainsi que par les membres de l’extrême-droite.

Un mythe courant, propagé par les politiciens comme Trump, Kellie Leitch, et Maxime Bernier, est qye notre sécurité nationale est menacée par les ‘’illégaux dangereux’’. Ceci a pour effet de déshumaniser les personne qui souvent fuient des violences atroces, et qui ne font que chercher un endroit pour pouvoir se construire un meilleur futur.

Ce mythe propage également une image irréaliste et biaisée de ceux qui commente des actes de violence. La grande majorité des fusillades à motivation politique commises au Canada ont été perpétuées par des citoyens blancs, masculins, et nés au Canada, incluant Marc Lépine qui a tué 14 femmes en 1989 à l’école Polytechnique, et qui Alexandre Bissonnette, qui a tué 6 hommes dans une mosquée à Québec en 2017. Malheureusement , nous n’avons pas de statistique sur le terrorisme d’extrême-droite au Canada: ce qui soulève la question de pourquoi nos gouvernements mettent tellement l’emphase sur les immigrant-e-s. Par contre, on sait qu’aux États-Unis, les extrémistes d’extrême-droite, qui incluent les suprémacistes blancs et les néo-nazis, entre autre groupes, sont responsables de 73% de toutes les attaques meurtrières depuis le 11 septembre 2001.

Les emplois et les salaires

La figure de ‘’l’immigrant voleur d’emploi’’ est souvent utilisée afin de transférer la responsabilité pour le chômage et les réductions de salaires en blâmant les travailleurs et travailleuses immigrants pauvres à la place des patrons qui créent cette situation.

La seul raison pour laquelle les salaires diminuent et les conditions de travail sont en déclin est parce que les employeurs prennent tout avantage du fait que les travailleur-euse-s immigré-e-s soient dénié-e-s le droit les plus fondamentaux tels que la négociation collective, les protections et la sécurité au travail, et le salaire minimum. La plupart de ces travailleur-euse-s sont également employé-e-s dans des domaines comme l’agriculture industrielle ou l’abattage, où ils et elles sont exposé-e-s à des conditions horribles et souvent dangereuses dans lesquelles le Canadien ou la Canadienne moyen ne voudrait pas travailler.

Lutter pour les droits de tous les travailleur-euse-s, immigrant-e-s ou nom, rend plus difficile aux patrons de nous exploiter, ce qui résulte en une amélioration à la fois dans les salaires et dans les conditions de travail, pour tous.

Dans une veine similaire, il est important de se tenir en solidarité avec les travailleur-euse-s à l’étranger, en particulier ceux et celles des pays où les salaires sont les plus bas. En les soutenant dans leurs luttes pour une meilleure qualité de vie, nous nous aidons aussi nous-mêmes, puisque ça diminue l’intérêt pour les patrons de déplacer les emplois à l’étranger. Une attaque contre un-e est une attaque contre tous.

La crise du logement blâmée sur les étrangers.

Le problème de la gentrification et de la spéculation immobilière n’a rien à voir avec l’origine ethnique du propriétaire, mais vient du fait qu’il existe des riches spéculateurs et des compagnies immobilière qui font augmenter artificiellement pour leurs profits le coût du logement, peu importe d’où ils viennent.

En Colombie-Britannique, particulièrement à Vancouver, il y a une croyance selon laquelle la crise du logement serait causée par l’arrivée d’investisseur-euse-s étranger-e-s, principalement de la Chine continentale, qui spéculent sur les propriétés immobilières et laissent les logements inoccupés. En réalité, les investissements étrangers dans l’immobilier sont tombés de 13.2% à 0.9% à Vancouver après que le gouvernement aie introduit une taxe de 15% pour les investisseurs qui ne sont pas des citoyen-ne-s Canadien-ne-s ou des résidente-e-s permanent-e-s. Peu importe d’où viennent les spéculateur-trice-s, les bulles immobilières qu’ils créent causent des problèmes pour tout le monde, à l’exception des riches investisseur-euse-s qui profitent de la misère des autres lorsque la bulle éclate inévitablement. La meilleure manière de combattre la crise du logement n’est pas de se retourner contre nos voisine-s, mais de combiner nos forces pour lutter pour de meilleurs droits du logement, des logements publics, et pour la propriété collective.

‘’menace pour les valeurs Québécoises\Canadiennes’’

Vous avez probablement remarqué la croissance de reportages, médias, et messages politiques basés sur la peur ou l’incitation à la peur, qui se réfèrent tous à un besoin urgent de ‘’protéger nos valeurs Québécoise’’, ou ‘’Canadienne’’. Mais contre quoi est-ce qu’on ce protège? Cette prise de position n’ignore-t-elle pas complètement les droits et les valeurs des peuple autochtones, qui sont rarement inclus dans ces messages? Et qui bénéficie de ce langage et de ces politiques protectionnistes et basées sur la peur?

Un bon exemple est la Charte des Valeurs (proposée par le gouvernement Québécois en 2014) qui, si elle avait été ratifiée, aurait rendu illégal pour les travailleur-euse-s employé-e-s par le gouvernement de porter des symboles religieux au travail. Cette charte constituait une forme de discrimination hypocrite, sexiste, et xénophobe contre certain groupes de personnes :

Hypocrite: alors que certains symboles religieux (tel que le foulard ou le kirpan) deviendraient illégaux, plusieurs symboles Chrétien seraient acceptés par le gouvernement , tels que le crucifix de Duplessis à l’Assemblée nationale et la croix sur le Mont Royal.

Sexiste: la Charte était basée sur de faux stéréotypes sur les femmes qui choisissent de porter le foulard, comme quoi elles seraient toutes opprimées par leur religion et devraient être sauvées par les occidentaux. (aujourdhui ce stéréotype est encore utilisé pour mobiliser les sentiments anti-musulmans).

Xénophobique: les adhérents de la Charte faisaient consciemment appel aux peurs sensationnalistes et fausses envers les autres cultures et traditions, dans un effort calculé pour gagner le vote des bigots. Heureusement, un grand nombre de citoyennes et citoyens concernés se sont ralliés contre la charte et elle n’est pas passée!

La Charia

La Charia est un code de vie adopté par la plupart des musulman-e-s comme faisant partie de leur religion, basé sur les enseignements du Coran.

Quand la ‘’loi Charia’’ est mentionné dans les nouvelles, c’est souvent comme si elle représentait une menace aux valeurs Québécoises de liberté et démocratie, et qu’elle représentait un outil utilisé par les extrémistes ‘’islamistes’’ pour opprimer les autre. Ce genre de langage fait propager la panique à travers la population générale. À cause des associations négatives autour du terme ‘’charia’’, l’invoquer fait taire les conversations, et amène beaucoup de personne à réagir sur la base de sentiment et croyances qu’elles possèdent sur la Charia, au lieu de se baser sur les faits et la pensée critique.

En réalité, il n’y a pas de seul et unique définition de la Charia – il existe un tout un spectre d’interprétation allant de la plus libérale à la plus conservatrice. La Charia demande que chaque croyant agisse envers autrui dans la paix et le respect, vers le but d’un monde meilleur pour toutes et tous. Mais comme toute vision du monde, elle peut être utilisée et abusée par des divers agendas. Lorsque la Charia est présentée comme dangereuse et oppressive, on ignore les interprétations pacifiques et progressive adoptées par la claire majorité des musulman-e-s, et on valide à leur place des vues extrémistes. Chacun-e des 1.6 milliards de musulman-e-s sur la planète sont mis sur le même bateau, groupés dans une seul catégorie qui n’existe pas vraiment.

Les théories du complot antisémitiques.

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Plusieurs des théories du complot propagées par l’extrême-droite sont, et ont toujours été, subtilement ou ouvertement antisémitique. Les thèmes au centre de ces théories incluent la fausse notion que les personnes juives ont le contrôle secret des gouvernements et de l’économie internationale, ou qu’elles travaillent en secret pour atteindre un ‘’agenda juif’’ internationale. Il y a de bonne raisons d’être critique de la manière dont les gouvernements et l’économie internationale fonctionne, mais les termes ‘’dog whistle’’ tels que ‘’globaliste’’ ou ‘’marxisme culturelle’’ sont souvent utilisés comme couverture pour l’antisémitisme, en particulier quand il se trouve que les seuls individus critiqués soient des personne juives. Ce type de croyance fait partie d’un modèle générale avec l’extrême-droite, où celle-ci blâme un groupe d’individus ou une ethnicité particulière au lieu de reconnaître les problèmes sociaux comme étant en réalité un produit de la manière même dont est organisée notre système politique et économique – peu importe l’origine des acteurs au sein de celle-ci.

Pourquoi tout ce débat sur la liberté d’expression?

Chaque fois que vous entendez quelqu’un utiliser la liberté d’expression comme un bouclier pour se permettre de dire des choses ouvertement racistes, sexistes, ou homphobes, vous devez vous demander : est-ce que c’est vraiment ça le but de la liberté d’expression?

La réponse simple est : NON! La liberté d’expression est beacoup plus importante que ça. Elle agit comme protection qui permet à tou-te-s de penser et de s’exprimer de manière dont le gouvernement n’est pas forcément d’accord. C’est une concession des puissants qui n’a été gagnée que par la lutte des personnes opprimées pour leur libération. Sans cette limite sur l’usage du pouvoir d’état, les gouvernements sont libres d’emprisonner, ou d’exiler les personnes qui ne sont pas d’accord avec eux.

Bien que1 pour la majeure partie nous soyons tous d’accord sur l’importance de la liberté d’Expression, les fascistes déforment les intentions derrière celle-ci et prétendent être brimés dans leur liberté d’expression juste parce que des citoyens s’opposent aux messages de haines qu’ils propagent. L’extrême-droite veut être capable de promouvoir sont idéologie sans conséquence ou désaccord, mais les critiques et les protestations à laquelle elle fait en réponse sont en soi une forme de libre expression!

Un autre piège populaire est de prétendre que les universités ou les plateformes médiatiques menacent la liberté d’expression lorsque les présentation des prêcheurs de l’extrême-droite sont annulées, ou qu’un podium ne leur est pas offert. Ceci ignore la différence entre le fait que le gouvernement n’ait pas le droit de criminaliser l’expression, et la situation où une institution dénie à quelqu’un une plateforme avec audience de milliers de personnes. Dans le premier cas il est question d’un droit, dans le deuxième d’un privilège. Personne n’a le droit inhérent à une plateforme pour exprimer des énoncés racistes, sexistes ou homophobes. En fait c’est notre responsabilité en tant que communauté de s’assurer que nos plateformes publiques soient utilisées d’une meilleur manière. Si l’état intervenait pour forcer les médias ou les établissements d’éducation à faire place à la rhétorique haineuse – comme le demandent les fascistes- alors ça serait une violation de la liberté d’expression.

Être ‘’politiquement correct’’ : Insulte ou compliment?

Des humoristes aux politiciens, il semble que le terme

‘’politiquement correct’’ , ou ‘’PC’’, soit devenu très populaire. Le terme est approprié depuis les années 90 par les personnalités médiatiques de la droite pour dénigrer celleux qui s’intéressent aux politiques de la lange courante.

Par exemple, l’effort d’éviter l’usafe de termes ou de stéréotypes raciste ou sexistes, ou de respecter les pronoms et noms choisis par les individus, sont taxés de ‘’politiquement correcte’’.

Ce qui est généralement accepté par la société en matière de stéréotype raciaux ou sexuels aujourdhui est très différent de ce qui était acceptable au 19e siècle, ou même dans les années 80; il est donc normale que nos normes s’adaptent également. Aider les gens à évoluer d’une manière qui accorde respect et dignité à toutes et tous, semble tout simplement être la bonne chose à faire.

En générale, la ‘’rectitude politique’’ est simplement la nouvelle norme pour ce que la société a évolué pour définir comme acceptable. Lorsque vous entendez des membres de l’extrême-droite se plaindre qu’ils ne sont plus capable de rire aux blagues racistes ou de siffler les femmes dans la rue – mais n’avoir soudainement plus rien a dire quand il s’agit du fait qu’il n’est pas socialement acceptable de parler de son salaire avec ses collègues de travail, ou du prix des loyers avec ses amis – il serait bon de vous demander quelles sont leurs motivations, et qui est gagnant ou perdant lorsque l’on adhère à ces normes.

Comme toujours, savoir quoi dire et ne jamais causer de tort à autrui est non seulement difficile- c’est impossible. Nous faisons tou-te-s des erreurs, et nous nous retrouvons parfois dans des situation inconfortables, et c’est OK. Le but est d’être dans cette aventure ensemble et d’apprendre les un-e-s des autres pour devenir de meilleur humains. Certains individus prennent un malin plaisir à être ‘’politiquement incorrect’’, parce qu’ils pensent ainsi commettre une transgression. Mais c’est une triste substitut à la transgression de se soulever réellement contre l’oppression, et ne fait de tort qu’aux personnes qui sont déjà marginalisées. Ignorer ou se moquer des personnes qui se sentent ‘’offensées’’ ou ‘’blessées’’ n’impressionne personne, et ne fait que faire passer ceux qui le font pour des connards.

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